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 Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]

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MessageSujet: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Jeu 5 Juin - 21:52



La matinée touchait à sa fin lorsque Marguerite, presque pimpante sous un pull d'une clarté inhabituelle, vit ses pas la mener jusqu'au quartier des Gourmands. Cette fois-ci, sa trajectoire ne devait rien à l'impulsion hasardeuse de ses longues jambes, auxquelles elle avait su imposer sa volonté. Alors qu'on approchait de l'heure du repas, elle parvint, comme escompté, aux portes du restaurant. Un peu en avance, comme elle l'avait également prévu, elle décida de s'adosser à la façade du bâtiment.


Levée tôt ce matin, elle avait, avec une indécision tenace, passé les trois quarts de son temps à tourmenter les quatre coins du miroir. Alors que son appartement du quartier Zéro aurait dû la voir sortir, comme de coutume, sous un lourd assortiment de vêtements sombres et les traits lézardés de maquillage, Marguerite avait finit par préférer, pour l'occasion, une relative discrétion. Le rendez-vous pour lequel elle se préparait l'avait mise dans un rare état d'appréhension. Pas pour elle-même, certes, puisqu'elle ne craignait pas grand chose des autres, mais plutôt pour la personne dont elle devait faire la connaissance. Et puis cette idée de rencontre s'était tissée d'une manière si incongrue...
D'abord, il y avait eu cette lettre, fraîche et timide, rédigée d'une main légère et inconnue. Elle lui disait avoir entendu parler d'elle, et son ton avait une telle grâce, une telle douceur que Marguerite elle-même s'était prise de curiosité pour cette chanteuse damnée. Après s'être épanchées sur le goût qu'elles partageaient de la musique, et avoir échangé quelques propos sur leurs propres personnes, les deux jeunes femmes avaient convenu de se retrouver un midi pour déjeuner ensemble.


L'aura de timidité dont s'entourait l'image qu'elle se faisait de cette Kareen Becker l'avait alors poussée à revoir un peu son allure. Débarquer sous ses grands airs de corbeau freux aurait à coup sûr effarouché la demoiselle, et il n'était pas dans l'habitude de Marguerite de faire fuir le peu d'individus quelle appréciait. Elle espérait donc avoir réussi à chasser son éternelle mine patibulaire en n'insistant pas davantage sur le fard noir de ses yeux, et en dénichant au fond d'un placard un improbable pull de laine mauve. Bien sûr, la moitié de ses jambes disparaissait maintenant dessous à force de l'avoir étiré, mais la jeune femme ne s'en portait pas plus mal. Bien dissimulée sous ses fringues trop amples, elle commençait à retrouver son assurance.


Elle avait hésité, avant de partir, quant à la marche à suivre. Devait-elle attendre son amie à l'intérieur ou à l'extérieur ? Jugeant toujours à l'aune de l'apparente fragilité qui se dégageait de Kareen à la lecture de ses lettres, elle décida de ne pas lui imposer la traversée du restaurant bondé, à sa recherche. En outre, Marguerite elle-même préférait profiter de l'air frais avant d'avoir à affronter le tumulte qui devait déjà régner entre les murs. Des passants de plus en plus nombreux s'attardaient devant les portes, puis finissaient par s'y engouffrer, et la jeune femme se félicita d'avoir pensé à réserver une table pour deux.
Le restaurant avait certes une excellente réputation, et elle se faisait une joie à l'idée d'y prendre son premier repas. Maintenant que son poste à l'abattoir lui garantissait une relative sécurité, elle pouvait se permettre ce petit écart à son habituelle sobriété. A cette pensée, Marguerite eut un sourire. Elle n'avait pas pris la peine de préciser sa profession à Kareen... sans doute par gêne, peut être par tact. Toujours est-il qu'elle se promit ne pas en souffler mot ce jour-là.
Du fond du quartier Six résonnèrent les cloches de la Cathédrale, et la jeune femme se redressa. Il était l'heure.


Dernière édition par Marguerite A. Ivanovitch le Mer 7 Jan - 17:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Ven 6 Juin - 1:58

Si tu cherche à savoir, tu auras une explication.
Si tu cherche à entendre, tu iras vers la compréhension.

Kareen observa encore une fois son reflet dans le miroir de la salle de bains, essayant da calmer les quelques mèches pâles qui voguaient à leurs bons gré. Elle fit un sourire timide mais combien sincère à l'image qui le lui refléta sans gêne, puis soupira. Son regard au ton de nuage glissa sur ces vêtements, s'assurant pour la dernière fois qu'elle était convenable, mais sans trop l'être non plus. Elle portait un leggings noir, ou ces pieds étaient rehaussés de petit mocassin jaune délicat, une petite robe jaune sans bretelle qui lui retombait sur les cuisses, lignée à la verticale, donnant l'impression d'allonger un peu plus son corps et un fine broderie sombre marquait le haut. Par nervosité, elle lissa la robe qui n'était pas trop criarde et donc elle affectionnait, lui donnant l'impression de quitter sa routine, elle l'avait achetée pour l'occasion spéciale.

Elle tourna la tête vers la pile de lettres qui trônait non loin d'elle, et un doux sourire s'étira sur son visage d'ange. Elle était heureuse d'avoir combattu sa timidité pour lui envoyer lettre, au départ, elle avait presque eux peur que le tout soit un échec, elle aurait parfaitement compris. Les jours, c'étaient doucement étirés, puis elle avait presque perdu espoir quand elle avait reçu une lettre à son nom, elle avait ressentit un maelström d'émotions. Elle avait lu trois fois la lettre, beaucoup plus calmement la troisième fois, puis lui avait presque immédiatement répondu, heureuse de voir ou tout ceci allait donner.

Par la suite, il y avait eu beaucoup d'autres lettres qu'elle avait chéries et apprit à connaitre sa nouvelle compagne Marguerite. Elle lui avait immédiatement plu, elle semblait aussi calme que cette dernière, mais au travers ces lettres, elle l'avait senti plus forte et différente d'elle, ce qui n'était pas pour lui déplaire, elle espérait qu'elle pourrait apprendre de sa force de caractère et elle pourrait ainsi perdre un peu de sa timidité. Mais elle espérait surtout se faire une très bonne amie en se bas monde sombre.

Mais pour sa part, la demoiselle n'avait pas le sens d'observation de sa compagne, alors elle n'avait pas d'idée préfète sur cette dernière et c'était surement ceci qui l'enthousiasmait le plus. Elle termina rapidement son maquillage qui était très léger, lui offrant quelque couleur rosée à son visage. Elle attrapa la liasse de papier, le mouvement fit cliqueter les quelques petits bracelets argentés qui encerclaient son poignet puis elle quitta la salle pour se rendre à la cuisine où l'attendaient un petit manteau à capuchon charbon et son sac à dos. Elle y glissa les lettres par pur réflexe puis leva les yeux vers l'horloge qui décorait un des murs.

Il était bientôt l'heure et elle vit par une des fenêtres le taxi qu'elle avait appelé. Kareen glissa le manteau sur ces frêles épaules et prit ce donc elle avait besoin avant de quitter la maison.

La traversée en voiture lui parut longue, beaucoup plus qu'a son accoutumée. Pour une des rares fois, elle discuta avec le chauffeur, mais il fallait ce l'avouer, c'était surtout la nervosité qui dénouait sa langue et surtout la discutions à sens unique, elle tenait simplement à combler le lourd silence., elle qui pourtant si perdait avec plaisir. Tout en parlant, elle observait par la fenêtre le décor changer, les gens marcher tranquillement dans les rues de la grande ville infernale, c'était étrange au yeux de la demoiselle qui avait parfois une certaine difficulté à y croire, elle se trouvait en enfer.

Puis sa douce voix se tut quand le taxi se gara devant le restaurant. Elle continua de fixer à l'extérieur, figée sur place. Ce fut l'homme en l'interpellant qui la ramena en enfer avec lui. Elle sortit quelques billets qu'elle lui tendit avec un généreux pourboire, puis se glissa à l'extérieur de l'habitacle d'acier.

Kareen se réajusta, suintant presque la nervosité par les pores de son corps. Elle observa autour d'elle, baissant ou détourant timidement le regard en laissant un magnifique sourire derrière, à chaque fois qu'elle croisait celui d'un autre puis elle observa la façade du restaurant chic. Elle ne venait pas souvent dans le quartier gourmand, la plus part du temps, elle allait à la confiserie, achetant des petits bonbons sures. L'endroit était riche et elle pouvait voir les tables bondées, des gens rentraient et sortaient toujours de l'endroit. Elle ne la remarqua pas immédiatement, s'attendant surement à voir quelqu'un habillé tout de noir comme la plus part des gens, puis elle la vit. L'image qu'elle lui démontrait en ce moment était quelque celle qu'elle lui aurait donnée, avec l'écriture longue et effilée qu'elle lui avait offerte. Elle lui offrit un magnifique sourire, ne la quittant pas des yeux, presque émerveillé, mais sincèrement heureuse de la rencontrer.

Elle s'approcha, campant son petit corps devant elle en se présentant d'une délicate voix :

-Je suis Kareen, et vous devez surement être Marguerite ? Je suis enchanté de faire votre connaissance.

Elle lui tendit la main, toujours souriante. Elle espérait tellement que ça pourrait marcher.


Dernière édition par Kareen Becker le Mer 11 Juin - 0:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Ven 6 Juin - 11:39


A peine les cloches achevaient-elles de résonner qu'un taxi se rangeait le long du trottoir, à quelques pas du restaurant. La foule des passants commençait à se faire dense dans la rue, et Marguerite dut lutter contre l'envie de tourner sa tête en tout sens pour guetter la voiture. Son calme apparent masquait à merveille l'espèce de trépignement intérieur qui l'agitait désormais. Enfin, elle vit que la porte s'ouvrait, ce qui eut pour effet de disperser un peu l'affluence. Une silhouette gracile s'extirpa du véhicule. Elle sembla hésiter un bref instant, duquel Marguerite profita pour l'épier à la dérobée.
Comme chaque fois lorsqu'elle découvrait quelqu'un de nouveau, son regard s'affola d'abord, incapable de savoir sur quel coin se poser. Puis son sens de l'observation se rappela soudain son acuité légendaire, et sa cible lui apparut clairement. D'abord, l'allure. Sous son léger manteau à capuchon, Kareen avait l'air d'une toute jeune fille, sans pour autant sembler enfantine. A son côté juvénile se mêlait une indéniable féminité, faite de fraîcheur et de délicatesse. Elle tenait de l'enfant comme elle tenait de la femme. Si cet aspect troublait Marguerite, le ton des lettres lui revint à temps à l'esprit pour lui signifier qu'il n'y avait là rien d'inattendu. Son amie lui paraissait encore plus sympathique qu'elle ne se l'était imaginé. En outre, élégance et simplicité semblaient les maîtres mots de la tenue qu'elle s'était choisie pour l'occasion.
Avec un imperceptible hochement de tête, Marguerite conclut que la perspective du rendez-vous devait l'avoir tout autant embarrassée qu'elle. Elle lisait dans son apparence son propre désir de faire bonne figure, et l'instinct de ne pas ne plus chercher trop loin. Le même état d'esprit semblait les avoir habitées ce matin-là, chose que la jeune femme voyait comme de bon augure.


Considérant la pâle chevelure de la demoiselle, Marguerite se surprit à se demander si elle avait envisagé cette représentation de Kareen. Maintenait qu'elle l'avait sous les yeux, l'image qu'elle pouvait s'être construite d'elle lui glissait entre les doigts. Incapable de raviver un souvenir que la réalité venait de dissiper, elle dut se concentrer sur ce qui lui faisait face... et force fut de constater que cette caractéristique particulière collait parfaitement à l'idée qu'elle avait de Kareen un instant plus tôt.
Comment traduire, en effet, la douceur et la grâce d'une telle jeune fille, sinon par ce pâle halo de cheveux qui couronnait délicatement ses traits ? Tout, dans sa fine silhouette, son pas mesuré, sa démarche légère, et l'éclat diaphane de son visage, rejoignait le portrait qu'en avaient dessiné ses lettres.
Et malgré tout, Marguerite ne pouvait s'empêcher d'éprouver une certaine surprise. Sa perspicacité avait beau être ce qu'elle était, les quelques lettres que les deux jeunes femmes s'étaient échangées ne lui avaient pas suffi à cerner la vérité du personnage qui lui faisait face. Maintenant qu'elle s'avançait vers le restaurant, et vers elle, il lui semblait que cette petite Kareen lui réservait encore bien des secrets à découvrir. Si elle n'ignorait pas que l'Enfer l'avait nouvellement baptisée sous le sceau des Envieux, Marguerite n'avait pour autant pas la moindre idée de la façon dont son amie était arrivée ici. Bien sûr, parler de leur décès respectif était bien trop saugrenu pour se faire une place dans le fil naturel de leur conversations écrites, mais maintenant qu'elle soulevait ce point obscur, la jeune femme savait qu'elle aurait du mal à ne plus y songer.
Elle pressentait quelque chose, au-delà de la tranquillité apparente de Kareen, qui lui semblait propre à bouleverser l'équilibre et le calme inhérent au personnage, sans qu'elle arrive à déterminer de quoi il pouvait s'agir. Après tout, peut être était-ce simplement lié à son péché... Marguerite se demandait toutefois comment, sous une aussi douce figure, pouvait sommeiller la tare des Envieux. Que pouvait donc avoir cherché Kareen pour tomber ici bas ?


Alors qu'elle avait depuis un moment délaissé l'observation de la jeune fille pour se perdre dans ses pensées, Marguerite tarda à réaliser que son amie avait franchi les quelques mètres qui les séparaient.
La voix de Kareen, fluette comme les eaux d'un ruisseau, s'élevait déjà :


- Je suis Kareen, et vous devez sûrement être Marguerite ? Je suis enchantée de faire votre connaissance.


La jeune femme, en se fendant d'un sourire, se redressa doucement pour serrer la main qu'on lui tendait. Elle répondit alors :


- Bonjour Kareen, c'est bien moi. Je suis ravie de vous rencontrer enfin !


Satisfaite, Marguerite ne put empêcher son sourire de s'affirmer. Pour tout dire, elle s'était un peu entraînée à répéter cette phrase, de sorte à ne pas produire, comme à sa fâcheuse habitude, une suite barbare de sons graves, peu audibles et encore moins digne d'être appelés « parole ». La jeune femme ne côtoyait plus grand monde maintenant qu'elle vivait en Enfer, aussi avait-elle davantage coutume de marmonner pour elle-même que de parler franchement. Pour une occasion telle que cette nouvelle rencontre, elle se devait de faire un effort.


Avec un geste vers la porte du restaurant, Marguerite poursuivit :


- La table est d'ores et déjà réservée. On y va ?




Dernière édition par Marguerite A. Ivanovitch le Mer 7 Jan - 17:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Sam 7 Juin - 5:00

À peine, la demoiselle a la chevelure corbeau, avait-elle parlé, que la nervosité qui envahissait Kareen sembla s'extirper telle une bouffée d'air. Souriant toujours, elle apprécia le simple contact des grandes mains de Marguerite, chaudes et combien confiantes. Tout comme cette grande dame, Kareen voulait prendre sur elle, et ne plus être effrayée par les petites choses de la vie, elle ne voulait plus refaire les mêmes erreurs d'autrefois, elle avait ici-bas, aussi ironiquement, une seconde chance. Elle trouva dans sa voix, quelque chose de réconfortant, elle trouva ceci étrange pour elle-même, elle qui avait eu peur, remplit et ronger par ce poison, mais maintenant, elle avait trouvé un antidote temporaire, elle se sentait à l'aise avec Marguerite.

Aux paroles suivantes, Kareen en sursauta presque, non de peur, mais plutôt de honte, mais bien sure, la table, pourquoi n'y avait-elle pas pensée plutôt ? Elle rougit, laissant une teinte plus rosée se maquiller sur son visage, virant presque d'un rouge pivoine, en réalisant ce que son corps faisait.

-Oh, mais bien sure, pardonnez-moi, j'espère que vous n'avez pas trop attendu après moi ?

Elle lui sourit une nouvelle fois, fenêtre ouverte sur son âme gênée. Puis elle passa devant elle, se dirigeant vers ladite porte. Une douce flagrance se dégagea d'elle, très légère, une simple brise de lilas, délicat parfum qui entourait le mince corps pâle de Kareen. Elle agrippa la poignée, et l'ouvrit grand, laissant une grande rafale d'odeurs alimentaires frapper les personnes à l'extérieur.

Au même moment, un grand homme sortir de l'endroit, visiblement vexé et la percuta, Kareen eut le réflexe de s'agripper un peu plus fermement à la poignée et tendit que l'homme s'éloignait déjà en grognant, cette dernière ce perdant dans quelques mots d'excuse. Recroquevillée sur elle-même, elle offrait une apparence encore plus fragile, qu'à l'accoutumer, elle leva la tête vers Marguerite, un sourire gêné accroché aux lèvres.

-Nous devrions nous dépêcher avant qu'il n'offre la table à quelqu'un d'autre. Laissa-t-elle glisser dans l'air.

Sur ce, elle s'infiltra à l'intérieur, reprenant la constance qui lui était, redressant ces frêles épaules et laissant sur son passage le léger titille-ment de bracelets d'acier qui s'entrechoquaient tel un carillon au vent. Elle vient se poster devant l'accueil, s'assurant que Marguerite la suivait de près, puis attendit sagement qu'une serveuse viennent les voir. De son regard délavé, elle observa l'activité ambiante, les gens qui marchaient, discutaient vivement et qui mangeait entre eux. En plus des odeurs alléchantes, le restaurant plein à craquer, loin des environnements qu'elle visitait et préférait, mais un peu de changement ne faisait jamais bien de mal, encore moins pour de bonne raison. En attendant que quelqu'un veuille bien les servirent, elle se tourna vers sa compagne, et laissa échapper de ces fines lèvres :

-Je suis heureuse, nous avons beaucoup apprirent sur nos hobbies respectifs, qui se sont révélés partagés pour plusieurs, ce que j'ai trouvé très intéressant, il est rare que je rencontre des gens de votre calibre, vous êtes une perle rare pour moi, je veux dire, en se bas monde, et je suis bien heureuse d'avoir eue le courage de vous avoir écrit et j'espère que nous pourrons bien nous entendre et que je ne vous décevrais point avec ma personne.


Dernière édition par Kareen Becker le Mer 11 Juin - 1:01, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Mar 10 Juin - 11:14


Marguerite eut un sourire contrit lorsque son amie s'excusa. Elle s'empressa de souligner sa parfaite ponctualité, avant d'ajouter qu'elle-même n'avait pas attendu très longtemps avant son arrivée. Comme Kareen prenait les devants, la jeune femme la suivit un instant des yeux avant de lui emboîter le pas. Le parfum de fleur qui émana de son bref mouvement se souleva gracieusement dans l'air. Résolument, tout semblait, chez elle, respirer la fraîcheur.


Comme elle ouvrait la porte du restaurant, un homme en surgit soudainement. La brutalité avec laquelle il heurta Kareen trancha si cruellement avec la douceur de celle-ci que Marguerite ne put réprimer une grimace. Elle braqua un regard noir sur l'importun jusqu'à ce qu'il quitte son champ de vision. N'eût été la couleur sombre de ses yeux, on l'aurait volontiers qualifié d'incendiaire. Les poings de la jeune femme, crispés dans son dos, durent se laisser faire entendre raison par les ongles dont elle criblait leur paume, pour ne pas bondir à l'assaut du malotru. Marguerite n'était pas femme à laisser un méchant individu se comporter de la sorte à l'égard d'une aussi douce demoiselle que Kareen, mais le trouble qui venait de saisir les traits de cette-dernière l'empêcha d'ajouter sa propre violence à la scène. Émue, elle voulut lui tapoter l'épaule en guise de consolation, mais se retint encore, de crainte de la froisser.


- Nous devrions nous dépêcher avant qu'il n'offre la table à quelqu'un d'autre., déclara alors son amie.


Déjà, elle illustrait ses propos en s'engouffrant dans l'atmosphère épaisse des bruits et des odeurs qui bondissaient hors du restaurant. Avec la légèreté d'un rayon de lumière, elle s'y glissa aisément. Sa démarche avait tout de la brise, il semblait qu'elle traversait les rires, les mouvements, les gens même. Avec stupeur, Marguerite, qui s'avançait à quelques pas derrière elle, contemplait cette prodigieuse habilité qu'elle avait de se mouvoir contre la foule. On aurait dit un mirage. Déjà, l'homme de l'entrée disparaissait de son esprit, toute trace de rancœur s'évanouissait, et la jeune femme cessa de s'inquiéter pour son amie. Aussi étonnant que cela puisse lui paraître, elle s'était tout à fait ressaisie.
Elles prirent alors place à la table réservée, et Kareen entama la conversation.


Marguerite, dont le sourire avait peine à quitter les lèvres désormais, hocha la tête lorsque son amie eut cessé de parler. Elle se pencha alors un peu au-dessus de la table, sachant que sa voix ne pouvait porter bien loin par un tel brouhaha, et lui répondit :


- Vous n'avez rien à craindre. C'est une réelle joie pour moi d'avoir fait votre connaissance, et de vous rencontrer aujourd'hui. J'espère que je ne vous effraie pas... mes manières sont parfois un peu... particulières.


Elle avait ajouté ces derniers mots en roulant des yeux, soucieuse de trouver les bons termes pour exprimer sa pensée. Elle eut alors un petit sourire gêné. Maintenant qu'elle vivait en Enfer, elle avait un peu perdu l'habitude de la vie sociale, et si ses amis d'antan lui manquaient, on pouvait en dire autant de ses manières, qui lui échappaient par moment. Bien sûr, elle n'avait rien à redire de sa conversation, qui de son vivant battait déjà de l'aile, mais l'idée-même d'un repas au restaurant lui semblait aujourd'hui presque exotique, c'était une occasion qu'elle n'avait plus eu la coutume de retrouver depuis longtemps.


Une serveuse vint bientôt prendre leurs commandes et, lorsqu'elle s'éloigna de nouveau, Marguerite poursuivit :


- Donc, j'ai cru comprendre que vous étiez musicienne et chanteuse, c'est cela ?




Dernière édition par Marguerite A. Ivanovitch le Mer 7 Jan - 17:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Mer 11 Juin - 1:20

Sous les paroles d'encouragement de ça compagne, Kareen sourit plus largement, illuminant une nouvelle fois le visage d'ivoire. Elle était heureuse de voir que tout que tout deux partageaient cette joie sur leurs rencontres, et secoua doucement la tête, faisant rebondirent les ondulations de sa tête blanche. Secouant la main en même temps. Ces manières particulières, comme elle le disaient, ne la dérangeaient en rien, elle y trouvait même un certain charme. Les manières des gens faisaient et démontraient ce qu'ils c'étaient, révélaient leurs personnalités propres et si Marguerite aurait été identique à elle-même, Kareen n'aurait peut-être pas autant aimer la jeune femme. Elle n'était pas rentrée en contact avec cette dernière pour y voir un sosie, mais une femme différente d'elle et pour le moment, elle en était satisfaite.

-Ne vous inquiétez point, dit-elle en se penchant à son tour sur la table, vous pourriez laisser court à un vocabulaire imaginatif et grossier que ça ne me dérangerait point, tant que vous me garder respect. Je ne suis pas là pour juger, et encore moi pour y trouver un sosie, mais une personne entière qui est à l'aise et elle-même en ma présence.

Elle éclata d'un délicat rire, le regard rieur, elle l'observa quelques secondes avant de ce lancer dans une révélation.

-Je vais être honnête avec vous Marguerite, parce que je vous apprécie déjà beaucoup, mais je n'ai pas l'habitude des endroits aussi remplit, autre que dans un théâtre ou durant un concerto.

Elle rougit une nouvelle fois, et tout comme ça compagne, un sourire gêné, espérant ne pas avoir gâchée la soirée. Elle prit son verre d'eau froid et en but une gorgée, l'observant à la dérober la grande dame qui se tenait devant elle. Elle l'avait remarquée plutôt, quand elles avaient traversé la salle jusqu'à leur table. Kareen savait qu'elle avait une manière bien différente de bouger dans une foule, se glissant là ou certaines personnes ne pourraient, bougeant parfois même en synchronisant son corps avec la foule, tel un poisson dans l'eau. Mais Marguerite imposait silencieusement sa personne, sans dire un mot, ou même un regard, les personnes, peut-être, ne le remarquaient-ils point, mais lui laissait suffisamment de place pour qu'elle se déplace librement, n'entravant pas son passage. Une confiance émanait d'elle et ceci poussait Kareen à l'accepter comme elle était.

Malgré le brouhaha qui était assourdissant, Kareen n'eut aucune difficulté à entendre la phrase. Elle reposa son verre sans bruit, puis répondit :

- Disons que, j'ai étudié l'art de la musique une partie de ma jeunesse. Mon père était un homme reconnu et ma mère professeur de musique. J'excelle au violon et je commençais au piano, mais rien de bien grandiose. La voix y est venue aussi, ma mère disait que j'avais un certain don.

Elle eut un sourire gêné, prit une gorgée d'eau pour éclaircir un peu sa voix et reprit :

- Et vous ? Que faites-vous dans la vie ? Je n'ai pas trop osée demander.
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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Ven 13 Juin - 12:21



La conversation allait bon train, et Marguerite se réjouissait d'entendre le rire son amie carillonner au milieu du tumulte de la salle. Aussi dissemblables qu'elles pouvaient être par leur allure, quelque chose semblait s'être mis d'accord entre les deux demoiselles. Sans avoir à l'exprimer, Marguerite pressentait qu'elles avaient en commun cette distance tacite que leur personne imposait entre elle et le reste du monde. Écartées de la foule bien que plongées en son incessant mouvement, elles évoluaient dans une sphère qui leur était propre, celle de leur compagnie mutuelle.
Au sourire de la jeune femme, on pouvait deviner que cette forme de symbiose la ravissait au plus haut point. Si elle acquiesça vivement lorsque Kareen lui fit par son inconfort dans les lieux fréquentés, elle dut admettre en son fort intérieur qu'à cet instant-là, le bruit qui les entourait n'avait pas la moindre importance pour elle. Elle se sentait parfaitement à son aise.


En prenant conscience des multiples capacités de son amie, Marguerite ne put retenir un soupir d'admiration. Si elle-même avait longuement côtoyé le milieu musical de son vivant, aucun talent particulier ne s'en était révélé. Voir en Kareen ce qu'elle n'avait su développer pour elle-même ne lui inspira pourtant aucune rancœur, au contraire : son estime ne s'en trouva que confirmée.
Mais lorsque son amie se tut un instant, Marguerite pressentit, avec une légère crispation, ce qui allait suivre. Comme de bien entendu, il y avait un sujet qu'elle avait souhaité éviter, et elle avait elle-même mené la conversation sur ce point précis. Sa maladresse avait une fois de plus fait des siennes...


Quand Kareen reprit la parole pour lui demander ce qu'elle faisait dans la vie, Marguerite, voyant se réaliser ses craintes, ne put s'empêcher de se maudire intérieurement. Désireuse d'aborder la chose avec le plus de légèreté possible, elle prit son temps pour boire un peu d'eau, toussa légèrement, tenta une esquisse de sourire et se lança :


- Eh bien... Je travaille dans le quartier Zéro, là où je vis. Et... Pour tout dire... Je travaille dans l'industrie alimentaire. Plus ou moins.


Consciente de la façon on ne peut moins expéditive avec laquelle elle avait éludé le problème, Marguerite fut prise d'un petit rire. Elle se contint néanmoins en voyant la serveuse revenir pour leur apporter le plat : la diversion idéale. La jeune femme remercia intérieurement la providence de lui avoir accordé cette intervention, qui allait désormais lui permettre de passer à un autre sujet de conversation.
Elle jeta un regard à Kareen, espérant ne pas l'avoir froissée en répondant de la sorte. Elle se dit alors que son amie comprendrait sans problème qu'il y avait là un objet d'appréhension, et qu'elle n'insisterait pas pour en savoir plus. Pour autant, Marguerite préféra embrayer aussitôt sur un autre point de conversation, qui laisserait la question de son activité en suspens :


- J'aimerais beaucoup vous entendre chanter, à l'occasion. Enfin, si vous me le permettez, bien sûr. Y a-t-il un endroit ici où vous avez l'habitude de le faire ?



Dernière édition par Marguerite A. Ivanovitch le Mer 7 Jan - 17:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Mer 18 Juin - 2:40

Kareen lui sourit simplement, acceptant avec grande facilité la réponse expéditive que ça compagne, elle ne voulait certainement pas pointer du doigt une zone qu'elle voulait laisser grise. Elle remercia la serveuse et sembla observer son repas quelques secondes, quelque peu fascinée par la beauté de l'œuvre culinaire. Les cuisiniers la surprendraient toujours devant l'ingéniosité et la touche artistique qu'ils pouvaient rajouter dans leurs plats pour satisfaire pleinement l'appétit et l'œil des clients. Elle but une nouvelle gorgée d'eau fraiche et gouta à son repas, mâchant avec lenteur sa première bouchée pour bien savouré le goût et écouter ça compagne. Le quartier zéro ? Malgré le temps qu'elle était ici, tout ce qu'elle connaissait du dis quartier était le port, ou elle appréciait passer du temps au bord de mer et laisser le ciel être sa muse pour la nuit. Elle répondit avec une grande joie :

- Bien sure, ça me ferait plaisir de pouvoir partager ceci avec vous, d'ordinaire, je chante sur mon lieu de travail, mais si vous n'avez pas peur de vous balader le soir, j'ai pris la vilaine habitude de me glisser jusqu'à port du quartier zéro ou vous habiter, j'aime bien y observer le ciel, il me donne énormément d'inspiration.

Elle sourit, rougissant un peu sous la confidence. Elle ignorait pourquoi elle était autant attirée par cet endroit, mais elle avait bien vide réaliser que c'était un lieu bien à découvert, et ou elle avait une parfaite vu sur les divers astres qui vagabondaient la-haut. De son vivant, elle avait toujours aimé regarder l'étendue du ciel, les couleurs qui si mélangeaient avec harmonie, les levés ou les couchés de soleil qui offraient une toute autre palette de couleurs. Il lui était souvent arrivé de placer le cadran bien avant le levé de soleil, profitant un peu du ciel sombre mais tâché de constellations étincelantes, pour ensuite bénéficier de l'astre orangé.

-Si vous le souhaitez, un de ces soirs, je pourrais vous y inviter, où même ce soir, ce sera à vous de voir quand vous aurez le temps, je ne voudrais pas m'imposer d'une quelconque manière. Termina-t-elle avec un sourire timide.

Par la suite, elle reprit son repas, picotant ici et là, la nourriture était des plus esquisse, sans parler de la compagnie qu'elle avait avec elle qui rendait ce repas encore meilleur. Elle ne regrettait en rien d'être venue et était particulièrement fière d'elle d'avoir surpassée son envie de fuir au loin. Elle se sentait si bien en sa présence, qu'elle en avait oublié le brouhaha et la foule qui remplissait l'établissement luxueux. Mais elle avait quelque peu honte d'elle-même, elle était tellement heureuse et encore nerveuse de cette rencontre qu'elle avait tellement de questions à poser, mais du coup, elle ignorait par laquelle commencer, et avait l'impression d'en oublier un parti, et elle ne voulait pas non plus avoir l'air d'une inspectrice qui donnait un interrogatoire. La seule chose qu'elle réussit à dire fut :

-La nourriture est excellente, n'est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Mar 1 Juil - 11:21


Marguerite eut un bref moment d'absence en entendant la réponse de son amie. A l'évocation du port, force lui était de constater que sa connaissance du lieu où elle vivait présentait des lacunes. Alors qu'elle tentait de ranimer dans son esprit une image dudit-port, la jeune femme dut se rendre à l'évidence : ses éternelles promenades en solitaire ne l'y avaient jamais amenée. Sans doute son manque d'intérêt pour la mer l'en avait-il préservée... Marguerite demeura perplexe un instant. Le quartier Zéro n'était certes pas immense, et lorsqu'elle s'était lassée de le découvrir elle avait laissé libre court à ses pas vers d'autres zones de l'Enfer. Il lui semblait fort curieux qu'un tel endroit lui ait échappé, elle dont les explorations se plaisaient à creuser jusque dans les plus sombres recoins. Vraiment, quelque chose devait l'avoir détourné de son but. La crainte d'une mauvaise rencontre peut être ? Et pourtant, si Kareen disait y avoir été, les lieux devaient être fort agréables....


Sentant que son attention quittait dangereusement leur échange, Marguerite se ressaisit et, comme pour acquiescer aux dires de son amie, elle hocha vivement la tête lorsqu'elle eut terminé de parler. Ses propos se concluaient sur une proposition qui ne pouvait que charmer la jeune femme.


-C'est une idée qui me plaît beaucoup, répondit-elle avec un sourire.


Marguerite se tut un instant pour s'offrir une reconstitution visuelle de son programme des jours prochains. Si elle s'était débrouillée pour libérer cette journée en vue de leur rendez-vous, la semaine à venir serait comme à son habitude consacrée à son travail.
Avec un nouveau hochement de tête, elle reprit :


- Ce soir, cela ma semble tout à fait possible. Ou bien en fin de semaine, comme vous préférez.


Kareen avait légèrement rougi, et une légère nervosité semblait se détacher de ses traits. Avec curiosité, Marguerite la détailla un instant, cherchant à comprendre ce qui avait pu la mettre mal à l'aise. Comme l'examen du visage de son amie ne lui apprenait rien, la jeune décida de l'imiter en reportant son attention sur son assiette. La nourriture avait quelque chose d'exquis, et le cadre de ce restaurant dans lequel elle ne se serait jamais permis d'entrer en d'autres circonstances eut l'air de disparaître définitivement. Lorsqu'elle mangeait, plus grand chose ne pouvait distraire Marguerite.
Pour autant, Kareen reprit bientôt la parole, et la jeune femme eut un petit rire étouffé.

- Pour sûr, déclara-t-elle après avoir posé sa fourchette. J'ai tendance à me laisser complètement emporter par ce repas...

Comme les joues rougissantes de Kareen témoignaient de l'effort qu'elle avait dû faire pour dire quelque chose, Marguerite jugea qu'elle devait elle aussi faire un geste. Considérant que, depuis qu'elles s'étaient retrouvées, tout à l'heure, aucune d'elles n'avait cessé de vouvoyer l'autre, elle se lança :


- Vous savez, nous nous connaissons depuis peu et pourtant nous avons déjà beaucoup appris l'une de l'autre. Et puis nous ne sommes pas très éloignées en âge... Peut-être pourrions-nous nous tutoyer ?






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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Ven 4 Juil - 13:31

Tout en savourant son repas, elle écouta, levant parfois son regard bleu sur la demoiselle assit devant elle. Elle lui offrait quelque sourire, et appréciait sa voix. Kareen adorait écouter les gens, même si parfois, ils ne disaient presque rien, elle aimait entendre les tons que pouvaient dégager leurs cordes vocales, tout le monde avait un ton différent, un ton bien à lui. Celui de Marguerite était particulier, un étrange mélange entre le doux, mais avec une petite pointe de grave, c'était un mélange de Kareen appréciait, bien, il montrait parfaitement la jeune femme, douce, mais déterminé et au caractère bien trempé.

Cette dernière apprécia son idée, ce qui émerveilla la musicienne de violon, mais après coups, elle se souvient que sa amie travaillait, peut-être travaillait-elle de bonheur le lendemain ? Elle se sentit rougir, elle avait oublié ceci, tout le moment n'avait pas des heures flexibles comme les siennes, mais elle avait plutôt un horaire particulier qui suivait celui de Mozart et tous les autres. Elle hocha la tête, il serait préférable pour sa compagne qu'elles se revoient en fin de semaine, elle pourrait jouer et chanter à loisir, elle avait parfois le don d'oublier quand elle commençait à jouer.

-Mais je suis idiote, vous avez raison, vous travaillez le lendemain, remettons ceci a enfin de semaine, il me fera plaisir de vous garder une journée.

Quand Marguerite posa fourchette, Kareen en fit de même, un peu surprise, mais cacha le tout en prenant son verre d'eau, et buvant une petite gorgée. Il était bien vrai que le repas était d'un gout exquis, elle avait mangé de la bonne nourriture, mais le chef ici se surpassait énormément. Chaque gout avait un petit quelque chose de différents, et ils se mélangeaient tous très bien les uns avec les autres. Elle hocha la tête, déposant son verre et en laissant étirer un sourire sur son visage, puis elle approuva sa compagne de table :

- Vous, tu as raison Marguerite. Je crois qu'il est temps que nous laissions tomber cette barrière de politesse. Et ne t'inquiète pas, tu n'es pas la seule à se perdre dans le repas, je dois avouer que je le trouve succulent. Je me perds dans ces saveurs. Sinon, est-ce que tu sors énormément comme ceci ?

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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Dim 6 Juil - 15:51


Marguerite fut ravie que Kareen partage son avis. Cette décision n'avait rien de bien extravagant, mais pour l'heure son souhait était de ne pas la brusquer, afin que leur relation puisse avancer sans encombre. Maintenant que ce deuxième cap était franchi – le premier ayant été leur rendez-vous d'aujourd'hui – les craintes de la jeune femme semblaient s'être retirées tranquillement. Tout bien considéré, elle avait sans doute eu tort de s'inquiéter à ce point. Leur correspondance les avait déjà familiarisées l'une à l'autre et elles s'étaient découvert de nombreux terrain d'entente, aussi Marguerite n'avait-elle pas tant à appréhender l'effet que sa personne pouvait avoir sur son amie. Elles avaient eu raison d'organiser cette rencontre.


Revenant à leur conversation, Marguerite acquiesça au commentaire de Kareen sur le repas et, ayant terminé son assiette, se cala confortablement contre le dossier de la chaise. Le vacarme battait son plein dans le restaurant, mais comme toute son attention se consacrait à son amie, la question qu'elle lui posa lui parvint presque distinctement.
Un instant pensive, la jeune femme commença par hocher négativement la tête. Si elle passait à vrai dire peu de temps chez elle, il lui était difficile de dire qu'elle « sortait » réellement. Ses habitudes la menaient souvent dans les mêmes lieux, lorsqu'elle ne s'octroyait pas le frisson de partir à la découverte de nouvelles zones de l'Enfer. Marguerite aimait follement marcher, dégourdir ses grandes pattes avides de mouvement, mais sortir comme elle et Kareen le faisaient aujourd'hui, non, ça, ça ne le lui arrivait qu'en de rares occasions. Bien sûr, l'appel de la nuit la conduisait parfois à traîner plus que de coutume dans certains bars du coin, mais Marguerite aspirait plus volontiers au calme et à la solitude de ses longues marches. Il y avait bien des fois ou, mollesse oblige, elle appelait quelqu'un pour venir lui tenir compagnie...
Marguerite secoua une nouvelle fois la tête, sentant qu'elle plongeait trop loin dans ses pensées. Elle se redressa un peu et se mit à tapoter du bout des doigts le bord de la table tandis qu'elle assemblait les mots dans sa tête. C'était un réflexe qu'elle avait lorsqu'elle se rappelait brutalement à la réalité. La légère pression qu'exerçait sur elle le sentiment de devoir répondre à une question, dans ces cas-là, la mettait un peu mal à l'aise.
Comme elle reprenait peu à peu ses esprits, le mouvement de ses doigts s'apaisa et elle se décida à répondre, avec un sourire :


- Pas vraiment, non. Pas « comme ceci », en tout cas.


Consciente que sa réponse n'était que partielle, Marguerite prit encore un moment pour réfléchir. Le contexte était différent de ce qui pouvait advenir dans son quotidien. Son rendez-vous avec Kareen l'avait d'abord beaucoup faite tergiverser pour cette raison qu'elle n'avait absolument pas coutume de faire des choses qu'elle jugeait presque « réservées » à des gens plus matures, plus posés. Manger dans un restaurant, de prime abord, lui avait semblé de cet ordre-là. Marguerite avait craint d'y faire tâche, de ne pas s'y sentir à sa place. Et puis elle s'était faite une raison : à relation particulière, rendez-vous particulier. Leur correspondance écrite l'avait après tout préparée à ce que leur amitié diffère un peu de celles qu'elle avait pu vivre de son vivant. Et si cette idée l'avait effarée, force lui était d'avouer qu'à présent, elle lui trouvait un certain charme. Elle faisait fi du restaurant tout autour, la nourriture était délicieuse, Kareen était aussi adorable que ses lettres l'avaient laissé présager, et tout allait pour le mieux.
Parvenue à cette conclusion, Marguerite en fit part comme elle le pouvait à son amie. Enfin, elle ajouta :


- Je ne sais pas si je suis très claire... Ce rendez-vous me change beaucoup de mes habitudes, et je suis heureuse de partager ce moment avec toi. J'espère que nous aurons l'occasion faire d'autres sorties comme celle-ci !






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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Ven 5 Sep - 5:13

Tout en profitant du moment et écoutant la demoiselle qui siégeait devant elle, Kareen termina son assiette, faisant un discret signe au serveur qu passait rapidement. Elle s'installa à son tour plus confortablement, callant son corps svelte contre le dossier de la chaise et glissant son regard pâle sur Marguerite. Elle lui sourit doucement, remarquant la nervosité qu'avait créer sa question, elle voulut la rassurer, essayer de partager son propre sentiment de bien-être. Mais Kareen remarqua que tout comme elle, Marguerite était bien différente de toutes les personnes rencontrées dans sa vie de vivante, et encore plus des quelques rares individus rencontrés ici pas.

Elle laissa amplement le temps à la demoiselle de pensée, observant les quelques traces d'émotions se dessiner sur son visage. Tout comme la jeune femme, Kareen avait toujours préféré observer ou être seule que de partager des moments en compagnie des gens. Elle préférait les longs moments de silence qu'elle pouvait combler elle-même avec sa musique. Ces yeux se portèrent sur le doigt qui tapotaient doucement la table, y voyant davantage un rythme du cœur de la demoiselle, ou même le rythme de sa nervosité, un son bien caractéristique a sa personne.
Elle hocha doucement la tête aux paroles mystérieuses qu'elle lui offrit. Un petit sourire timide, c'étira sur son visage puis elle rougit un peu, honteuse d'elle-même de ne pas bien comprendre. Ce fut à ce moment-ci que le serveur passa, souriant doucement aux demoiselles, débarrassant la table de demandant si les demoiselles désiraient quelque chose de plus. Kareen demanda un café, avec du sucre et du lait puis une fois le tout prit en note et offrant un nouveau sourire aux dames, il quitta.

Kareen ramena son attention sur la demoiselle, attendant encore silencieusement en aillant réalisée qu'elle cherchait encore ces mots. Elle semblait vouloir lui partager ces sentiments, ses pensées, mais semblait avoir une certaine difficulté, mais il se pouvait également que ce soit seulement une idée qu'elle se faisait. Mais aux dernières paroles de sa compagne, un large sourire de joie illumina son visage, la rendant heureuse et partageant tel un livre ouvert son émotion avec la jeune femme.

- Je comprends, tout ceci, même si ceci n'est pas nouveau pour moi, mais je n'ai jamais été très à l'aise, mais vos paroles me touchent beaucoup et je serais extrêmement heureuse de pouvoir partager à nouveau de tel moment avec toi. Je ne l'échangerais pour rien au monde. Mais promet-moi que la prochaine fois, nous irons dans un lieu tout, tu te sentiras à ta place.

Elle lui sourit une nouvelle fois, puis le serveur arriva avec les boisons et les desserts offerts avec leurs repas. Elle prépara son café puis le leva, invitation muette a trinquer.

- À ce moment particulier, a nos futurs moments, et profitons au maximaux de ce que pourra nous offre l'enfer !

Elle vient frapper doucement sa tasse contre le verre de la demoiselle, puis souriante but une gorgée pour fêter l'évènement.

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MessageSujet: Re: Une rencontre fleurie ¤ [Kareen Becker]   Mar 4 Nov - 21:41





Marguerite sourit de la réponse de son amie et s'empressa de lever sa tasse à son tour. Enfin, s'empressa dans une certaine mesure, car ne connaissant que trop bien les revers de sa maladresse, il ne lui serait certainement pas venu à l'esprit de faire le moindre geste précipité, et ce malgré sa hâte manifeste de répondre à l'invitation de Kareen. Ravie d'avoir maîtrisé son émotion et d'avoir ainsi évité de briser ce précieux instant par quelque bourde, Marguerite reposa délicatement sa tasse après avoir trinqué. L'arabesque des volutes de vapeur qui s'en échappaient, portait avec elle l'effluve à peine perceptible du thé qu'elle avait demandé. L'image était parfaite, idéale : rien de tel que la douceur du thé blanc pour terminer en beauté cet agréable repas, partagé en si charmante compagnie.
Les desserts que le serveur leur avait apportés étaient à l'égal du reste des plats qu'elles venaient de savourer. Peu familiarisée avec ce genre de sorties, Marguerite ne pouvait qu'apprécier la singularité de ces quelques instants.


- D'ailleurs, comment occupes-tu tes journées, en Enfer ? As-tu eu l'occasion de rencontrer du monde, de découvrir des endroits sympathiques ?


Voyant que leur repas touchait à sa fin, Marguerite tâchait de ne pas laisser son attention glisser entièrement sur la nourriture qu'elle finissait d'engloutir – vraiment, ces desserts étaient délicieux – et de maintenir la conversation. Habituée comme elle l'avait été à ne côtoyer que de vieux amis à qui elle avait souvent eu le sentiment d'avoir déjà tout dit, la jeune femme avait en effet progressivement perdu l'initiative de mener, relancer, animer les discussions. Quelques rares proches l'avaient par moments connue bavarde, mais plus généralement, Marguerite se plaisait à entretenir un laconisme parfois perturbant. Face à Kareen toutefois, elle s'efforçait de ne pas faire mauvaise figure et de se montrer plus dynamique qu'elle n'en avait l'habitude. Qui sait, peut être son amie apprendrait-elle à mieux la connaître avec le temps, et à accepter son silence. Passées certaines étapes d'une relation, l'échange se passe de mots. Pour l'heure en tout cas, et voyant la fin du repas se rapprocher, Marguerite se devait de faire quelques efforts, de nouer ces quelques liens nécessaires au début d'une amitié.

Sans se départir de son sourire, elle attendit que Kareen lui réponde. Elle repoussa son assiette à dessert vide sur un coin de la table et saisit sa tasse pour en remuer le contenu. La fumée qui s'en dégageait voletait toujours en l'air, et Marguerite aimait se fondre dans se lent mouvement de l'air. Le bruit des conversations s'était tari, comme si, déjà entraînés par le lent roulis de leur digestion, tous ces gens attablés s'étaient laissés happés par une forme de satisfaction gourmande, béate, qui leur tirait à tous un large sourire sur leurs joues empourprées. Peut être son propre contentement affectait-il son jugement, mais toujours est-il que Marguerite, en contemplant leurs voisins, ne pus s'empêcher de remarquer cette impression un peu stupide qui faisait rayonner leurs visages. Peut être le Quartier des Gourmands avait-il une influence sur quiconque y mettait les pieds, qui sait ?




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