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 Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]

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MessageSujet: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Mer 24 Déc - 16:17


"A tous les millions de diables qui te puissent anatomiser la cervelle et en faire des etommeures" (Rabelais)




A seize heures cinquante-et-une minute passées d'exactement dix-huit secondes trois quart, un effroyable tonnerre de pétarades vint ébranler le silence ennuyé du quartier zéro. D'un blanc de baignoire malade, un immonde taco surgissait de l'angle de la rue. Même le grisâtre fond de teint des maisons sembla s'offusquer d'une telle présence. Soulevant sur son sillage un nuage de poussière et de fumée qui n'allait pas sans un gluant équivalent sensible en la matière d'une traînée d'huile noiraude, le véhicule crissa encore sur une dizaine de mètres avant de bifurquer de nouveau. Là, dans la cour aménagée à cet effet, il finit par s'immobiliser dans un dernier râle criard.
Mais la bête n'eut droit qu'à un court répit.
Sa portière s'ouvrit à la volée et claqua tout aussi violemment, libérant le passage à une silhouette aussi peu engageante que la carcasse de métal qui la contenait jusque là. A grands pas, Marguerite, – puisque c'était elle – décidant qu'elle n'en avait pas encore tout à fait terminé avec sa fière monture, en ouvrit les portières arrières dans un geste qui avait tout l'air d'une tentative d'automobilicide. L'air glacé qui lui souffla au visage n'eut aucun pouvoir calmant sur elle. Bon sang, encore heureux que le système réfrigérant ne leur faisait pas faut bond. Les moyens de transports de marchandises dont disposait l'abattoir ne payaient certes pas de mine, mais tant qu'ils faisaient leur boulot, mieux valait s'en tenir là. Sans se départir de son air irrité, Marguerite saisit les premiers sacs qui lui tombaient sous la main et courut s'engouffrer dans l'arrière-boutique de la boucherie.


Le patron devait ouvrir boutique dans moins de cinq minutes désormais, et Marguerite était salement en retard. A qui la faute, hein ? Les mâchoires dangereusement crispées tandis qu'elle déposait les premiers paquets dans la chambre froide, la jeune femme ne pouvait se retenir de pester intérieurement. Trois fois, qu'on lui faisait le coup ce mois-ci ! Le jeunot habituellement chargé des livraisons, un empoté maladif, devait avoir emmerdé dieu sait quelle instance providentielle pour accumuler autant de dégâts en si peu de temps. Quoi qu'il en soit, chacune des fois où l'imbécile s'était vu dans l'impossibilité d'effectuer la livraison, comme par hasard, Marguerite s'était trouvée dans le coin. Allez savoir, l'instance providentielle, c'était peut être elle qui se l'était mise à dos... Et bien entendu, comme une crasse n'arrive jamais seule, l'autre crétin de chef avait choisi ce jour-là pour lui faire son sermon, sans se douter de l'heure approchante de sa dernière mission de la journée. Bon sang, le manque de sens de pratique de ces gros lards la mettait en rogne. Aucune des décisions prises à un rang élevé de la salle n°9 ne parvenaient jamais aux responsables de la salle n°5. Et il en allait de même des salles n°4 à n°2, n°6 à n°7 et toutes les connexions possibles qui s'ensuivent. A l'instar des bovins dont elle sectionnait les pattes et le reste, la grande bâtisse du massacre animal semblait faire de ses employés de véritables manchots écervelés à mesure qu'ils prenaient du grade.


Mais déjà, un énième gros lard de la chaîne semblait à son tour prêt à lui faire ses remontrances. Un barbu, cette fois. Le boucher n'était pas un mauvais bougre, mais le moins qu'on puisse dire c'est qu'il avait manifestement la carrure de l'emploi. Au dessus d'une bedaine digne du plus glouton des ogres grondait une face grimaçante à en faire trembler la chair déjà morte des bêtes dont il vendait les restes. Sous sa foisonnante moustache noire, son rictus s'élargissait déjà en un braillement courroucé :


- Nom de dieu, Maggie ! T'as vu l'heure ?


Non sans charger le regard qu'elle lui asséna de toute la colère qu'il pouvait contenir – c'est-à-dire beaucoup – Marguerite se redressa pour accompagner le gros bonhomme vers la camionnette encore pleine. Elle détestait qu'on l'appelle Maggie, et dans la bouche d'un type pareil, un tel surnom lui semblait pouvoir prendre forme et venir couler en flaques de graisse le long de sa nuque. Autant dire que l'effet n'était pas des plus agréables.


- Je sais. Faut croire que mes boss n'y voient pas plus loin que dans le cul d'une truite.


A l'heure qu'il était, mieux valait ne pas tenter de la réconcilier avec ses patrons. Le boucher le compris bien vite et l'aida à décharger le reste du coffre. Lorsqu'ils suspendirent les dernières carcasses aux crochets de la chambre froide, il était dix-sept heures quinze. Marguerite maugréa des excuses. Il était grand temps que sa journée se termine.


- Merci pour ton aide, lui lança son collègue en retournant l'écriteau sur la porte de la boutique pour en annoncer l'ouverture. Mais sois à l'heure la prochaine fois !

Marguerite grinça des dents derrière son sourire forcé. A son sens, il n'y aurait pas de prochaine fois. Alors qu'elle saisissait la poignée de la porte, elle se retourna une dernière fois :


- Tu pourras prévenir les autres troufions que la camionnette est ici ? Hors de question que je me tape encore une fois cette sainte merde d'odeur de gigot !


Sur ces entrefaites, et comme si elle ne s'était pas encore totalement délivrée de sa rage, Marguerite ouvrit la porte à la volée.




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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Dim 28 Déc - 16:40

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Et voilà, encore une journée normale dans la non-vie normale d’un mec normal… Anton revenait de son taf au quartier de l’Envie, un simple boulot de vigile qui avait des relents de monotonie. Il était en route pour chez lui, il allait retrouver son vieux fauteuil défoncé, son vieux poste TV, regarder une série random en sirotant son vieux whisky comme le mec associal qu’il était. Mais avant ça… oui, avant ça…

*Il serait temps de garnir le frigo.*

Cette pensée lui vint comme ça, d’un coup. C’est vrai, il a beau ne plus avoir réellement besoin de manger car son corps est un peu mort, il faisait comme tout le monde : il mangeait, il buvait, il fumait… bon, il ne pratiquait pas les plaisirs de la chair car de toute façons il était un peu associal, le pauvre. Il a jamais songé à draguer une femme car de toute façons ça aurait été un beau désastre. Déjà que sa désertion du Sed ne jouera pas en sa faveur (d’un autre côté, il est parti pour des raisons évidentes, les seuls qui sont restés doivent aimer ça, être changé en gnome…)… bref, on s’éloigne, il est parti pour garnir le frigo.

Premier arrêt, la boucherie. La pancarte affichait ouvert et devant cette porte, il y avait un vieux tacot garé bien en évidence. A l’odeur de vieux carburant se mêlait celui de la graisse pleine de protéine… décidément, les véhicules de livraison perdent en attrait visuel. Pas sur que le porc au kerozène soit la meilleure recette qui soit.

- Tu pourras prévenir les autres troufions que la camionnette est ici ? Hors de question que je me tape encore une fois cette sainte merde d'odeur de gigot !

Alors qu’Anton allait ouvrir la porte, celle-ci fut déjà enclenchée et il tomba nez-à-nez avec une femme… une femme visiblement sur les nerfs.

*Ohlala… je viens peut-être pas au meilleur moment, moi.*

Oui, visiblement ya de l’animation aujourd’hui. Madame semble sur les nerfs et n’a pas vraiment l’air d’être une cliente. Peut-être une employée ? Peut-être pas… enfin, déjà c’était marqué ouvert et lui il n’a un peu pas à s’occuper des soucis de relations patron-employé.

« Bonjour. »

L’Allemand s’écarta pour laisser passer la dame qui était visiblement partie pour sortir.
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Mar 30 Déc - 18:35




Marguerite était bien partie pour poursuivre son chemin à grandes enjambées hors de la boutique, lorsqu'elle constata la présence d'une tierce personne. C'était visiblement un client, devant lequel elle venait d'ouvrir violemment la porte. Un peu prise au dépourvu, la jeune femme demeura un instant immobile avant de se glisser dehors pour lui céder le passage. L'air impassible, l'autre s'était contenté de la saluer poliment et de s'écarter. En lui jetant le bref regard dont elle gratifiait toujours les inconnus qu'elle croisait, Marguerite finit par lui répondre un vague « B'jour » , et détourna aussitôt les yeux. Elle détestait être surprise dans ce genre de situation. A tous les coups, il l'avait entendue râler auprès du boucher. Bof, après tout, elle s'en foutait un peu. Si l'antique camionnette campée devant le magasin n'avait pas réussi à lui faire rebrousser chemin, c'est qu'il devait déjà avoir les tripes bien accrochées.

Plongeant ses mains dans les interminables poches de son sweat, Marguerite partit en quête de quoi se rouler une cigarette. Elle bossait depuis six heures ce matin et un mal de tête lancinant lui faisait l'impression d'avoir une pierre roulante enfermée dans la caboche. Il était plus que temps de s'offrir une petite pause. Toujours immobile sur le trottoir devant la boutique, comme si l'apparition du type l'avait définitivement coupée dans son élan, Marguerite se mit donc à piocher de bonnes pincées de tabac dans son sachet. Ce faisant, comme elle en avait l'habitude, elle se mit à analyser mentalement la brève image qu'elle avait saisi du type qu'elle venait de croiser. La principale impression qu'elle en retenait, c'est qu'il n'avait pas l'air franchement plus en forme qu'elle-même. La scène à laquelle il venait d'assister ne semblait pas avoir eu raison de l'air désabusé qui lui marquait les traits.

Marguerite haussa les épaules. Elle était trop fatiguée pour aller au bout de sa curiosité. Comme elle achevait de rouler sa cigarette, elle se remit à marcher. Mais, comble d'une journée résolument tâchée par le sceau des emmerdes, elle ne put mettre la main sur son briquet. Ses doigts, agités que l'impatience agitait d'un tremblement nerveux, fouillèrent en vain ses poches et Marguerite poussa un soupir de lassitude. Elle devait l'avoir oublié chez elle ou, pire, il était tombé pendant la pause du midi. Le visage défait, elle se résolut à rebrousser chemin, et se planta de nouveau devant la boucherie. Le patron ne fumait pas pendant ses heures de travail, et elle n'avait de toute façon pas la moindre envie de ne remettre un pied dans la boutique maintenant que les siennes étaient arrivées à terme. Elle ne pouvait donc plus que se tourner vers le client.
Elle se posta donc de nouveau à l'entrée du magasin, tenant du bout des doigts sa malheureuse clope, et fixa son regard fatigué sur l'inconnu. L'air ennuyé, elle attendit qu'il en ait fini avec ses achats pour lui lancer :

- Excusez-moi, vous n'auriez pas un feu par hasard ?


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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Mar 6 Jan - 11:42

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Il n’y eut pas de suite à la rencontre un peu surprenante entre Anton et la jeune femme. Cela dit, ça serait mal parti, à l’avis de l’Allemand : elle n’avait pas l’air de bonne humeur à entendre les hurlements qu’elle a poussé avant que la porte ne les présente l’un à l’autre. Et la suite de la scène de la vie d’Anton à l’intérieur de cette boutique aux fragrances de gras, de protéines et d’abats : il commanda sa viande, on le servit, basta. Il remercia le boucher et se dirigea vers la sortie avec la ferme intention de rentrer quand…

« Excusez-moi, vous n'auriez pas un feu par hasard ? »

Coupé dans son élan, il se tourna vers la fautive qui n’était autre que la femme qui a gueulé plus tôt dans la journée. Elle avait une clope en bouche qui n’attendait plus qu’une étincelle pour s’embraser et libérer ses volutes goudronnées dont raffolaient les êtres humains. Anton cala le sac par la poignée à son coude et fouilla dans sa poche et en tira son paquet de clope dans lequel siégeait également son briquet dont il se saisit avant d’allumer la cigarette de la jeune femme. Il se sortit également un tube garni de tabac qu’il s’alluma. Quelle vice qu’était l’envie de fumer à la simple perception d’une forme de tabac, que ça soit par la vue ou l’odeur.

Le voilà donc à fumer devant la boucherie avec une inconnue…

« Des ennuis avec la camionnette ? »

Et quelle camionnette… même de son vivant, personne n’aurait voulu rouler dans un véhicule en si mauvais état… et c’est ça qui transportait la viande ? Bah, si la viande n’était pas bonne, il n’ira plus ici et c’est tout. Peut-être que l’intérieur était en suffisamment bon état pour conserver la marchandise convenablement. Encore que à en juger la plainte qu’a poussé mademoiselle plus tôt, c’était pas un plaisir de rouler avec…

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Dim 11 Jan - 20:40


Bingo, premier coup de chance de la journée. Heureusement pour Marguerite, le client de la boucherie était lui aussi un abonné de la nicotine. Soulagée dès la première bouffée de fumée, elle le remercia d'un hochement de tête. Bon, au moins cet inconnu avait-il inconsciemment épargné à sa journée de virer au fiasco total.
Tout deux absorbés par leur clope, ils n'avaient pas bougé de devant la boucherie. Marguerite fixait le vide avec l'attention propre aux travailleurs exténués, sa main libre enfouie dans sa poche, et son esprit s'attardait déjà à compter les fenêtres du bâtiment d'en face lorsqu'elle entendit :


- Des ennuis avec la camionnette ?


Sans bouger plus que nécessaire, elle lança un regard torve au véhicule en question, eut une grimace à son égard, puis se tourna de nouveau vers son interlocuteur.


- C'est une épave, pas de doute là-dessus, déclara-t-elle dans un haussement d'épaules désinvolte.


Avec un nouveau coup d'œil pour la camionnette, Marguerite ne put retenir un petit rire. Elle-même aurait eut les foies à l'idée de consommer de la viande transportée dans cette ordure roulante, si elle n'en avait pas connu la provenance. Aussi se sentit-elle obligée d'ajouter :


- Mais ne vous fiez pas à son allure, elle fait très bien son boulot.


Après un instant, Marguerite se dit que cette réflexion aurait tout aussi bien pu la définir elle-même. Avec son air de grande perche malade, elle ne devait certes pas donner un bon a priori de la nourriture qu'elle préparait tous les jours. Trop fatiguée pour s'appesantir sur de telles considérations, la jeune femme aspira de nouveau une bouffée de sa cigarette dans la fumée de laquelle elle imagina recracher ces vagues pensées qui ne témoignaient que trop bien de son manque de sommeil. Et puis après tout, le type avait déjà fait ses courses, le reste ne regardait que lui. Marguerite était toutefois assez curieuse de savoir à quoi pouvait ressembler une intoxication alimentaire chez un corps mort.
Avant que ce nouvel écart de pensée ne l'entraîne à la dérive, Marguerite se tourna encore une fois vers le type. A en juger par sa dégaine et son air distrait, elle supposait que sa journée n'avait pas non plus été des plus agréables. Comme elle lui était reconnaissante d'avoir sauvé la sienne et lui présentant son briquet, elle décida de s'enquérir à son sujet.


- Et vous ? Si vous n'avez pas de camionnette foireuse pour égayer vos journées, qu'est-ce que vous en faites ?

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Sam 17 Jan - 19:06

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Les volutes s’élevaient dans l’air, s’étiolant, s’étirant, se resserrant, réalisant des formes indistinctes. Anton se perdait à observer les volutes en posant une simple question à la jeune femme qui lui avait demandé du feu. Une question concernant le véhicule qui donnerait envie à n’importe qui de redevenir piéton s’il n’y avait que ça à conduire.

« C'est une épave, pas de doute là-dessus. Mais ne vous fiez pas à son allure, elle fait très bien son boulot.[/color]
- Je n’en doute pas. »

Sinon elle ne serait pas là, trônant victorieusement devant le magasin qu’elle a fourni de sa précieuse cargaison bourrée de protéines… pour peu que les protéines soient importantes à un mort…

« [b]Et vous ? Si vous n'avez pas de camionnette foireuse pour égayer vos journées, qu'est-ce que vous en faites ?

- Je travaille comme vigile au centre commercial de l’Envie. C’est pas une partie de plaisir mais au moins c’est payé correctement. »

Ouaip… repérer les voleurs à la tire, les choper, les corriger… ajoutez à ça que votre patronne est la première (et une des pires) peste que le monde des vivants aie porté et voilà. Avec son passif au Sed, il était rodé… sa patronne le savait bien, en plus, vu le nombre de fois qu’Anton l’a jarté, qu’elle soit sobre ou défoncée au martini. Il devait avoir encore quelques marques de sa récalcitrance quelque part sur son corps si on fouillait bien.

« J’ai pas de camionnette bonne pour la casse, mais certains aspects du métier me font le même effet. »

Chaque travail a sa “camionette”, dans le fond, ça servait à rien de s’en plaindre, on pouvait juste subir, c’est comme ça.

Anton aspira une nouvelle bouffée de nicotine avant de souffler une nouvelle volute, laissant s’échapper avec un peu de lassitude… le tabac, une des meilleures découvertes qui soit.

« C'est si dur que ça d'acheminer de la viande à la boucherie ? »

A en juger la dégaine qu'elle avait, il fallait croire que oui. La pauvre, on croirait qu'elle était sur le point de mourir si elle n'avait pas déjà passé les portes du purgatoire.

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Dim 25 Jan - 11:15





La conversation suivait son cours, à mesure que la longueur des cigarettes diminuait entre leurs doigts. En temps normal, Marguerite aurait simplement remercié le type pour son feu avant de poursuivre sa route à grands pas, n'écoutant que le grognement sourd et déjà menaçant de son estomac. C'est à peu près de la sorte que se déroulait son train-train quotidien, l'intrus en moins. La situation lui semblait d'autant plus étonnante qu'avec l'approche du week-end, en plus de la faim qui la tenaillait habituellement au sortir du boulot, un insupportable mal de crâne commençait à lui faisait sentir ses premières vrilles. La fatigue faisait même légèrement trembler sa mâchoire.

L'air absent, Marguerite n'en écouta pas moins la réponse de son interlocuteur. Un vigile, d'accord... Ça pouvait expliquer son air blasé, et l'éclat un peu froid de son regard. A l'entendre, ce travail avait lui aussi ses inconvénients.
La jeune femme souffla un mince filet de fumée du coin des lèvres et en suivit le lent cheminement jusqu'à ce qu'il se dissipe dans l'air. Après tout la futilité de ces considérations n'avait d'égal que l'évanescence de ces-mêmes bouffées de cigarette. A y songer maintenant, dos à la devanture de la boucherie, la tête encore pleine du mouvement machinal de l'usine, l'idée de retourner travailler demain lui était au moins aussi douloureuse que celle de mettre à dessein le pied dans un piège à loup, mais dès qu'elle aurait retrouvé le confort de son silencieux deux-pièces, tout serait oublié. Et alors, qu'est-ce qu'elle foutait encore là ?


- C'est si dur que ça d'acheminer de la viande à la boucherie ?


La question du vigile ramena encore une fois Marguerite à la réalité. L'espace d'une seconde, tout ce qu'impliquait cette réalité lui revint d'ailleurs en pleine face. Elle avait un boulot merdique, certes, le type aussi, d'accord, mais ce constat n'avait occupé qu'une part moindre de son esprit récemment. Le travail, c'était le quotidien, elle pouvait plus ou moins considérer qu'elle s'en foutait. Mais à l'entour de ce quotidien, subsistait l'étrangeté du contexte : ils étaient morts, et l'Enfer n'était pas tout à fait un long fleuve tranquille. Lentement, comme si elle devait batailler avec l'ensemble des morceaux de pensées dispersés dans tous les coins de son crâne, Marguerite parvint à en faire émerger ce qu'elle cherchait. Alors, enfin, elle comprit ce qui l'avait inconsciemment incitée à rester discuter avec cet inconnu.
Avant d'attaquer le sujet qui lui importait, elle se devait au moins de répondre à sa question :


- Non non, bien sûr. Officiellement, je bosse à l'usine, là-bas... Mon supérieur a juste la manie de me refiler des extras, comme conduire ce tas de ferraille.


Inutile d'ajouter que ce type d'extras n'était pas à proprement parler une partie de plaisir, il suffisait d'un coup d'œil jeté à la camionnette pour s'en rendre compte. Mais Marguerite décida de balayer jusqu'au lendemain toute pensée concernant le boulot.
Il y avait un moment qu'elle glanait par-ci par là des rumeurs toutes plus étranges les unes que les autres. Déjà, il y avait eu ce truc louche dans le cimetière, et tout un tas de racontars qui la faisaient se retourner dans la rue, dans les bars, et un peu partout, dès qu'elle surprenait une conversation qui y avait trait. Mais le summum, c'avait été cette réception qu'on lui avait racontée, chez l'espèce de comte, là, le dénommé Dorian Gray. Elle avait longuement douté de ce qu'on lui avait dit, mais le bruit des rumeurs s'était amplifié, et cette affaire titillait plus que jamais sa curiosité. Elle voyait trop souvent ses collègues pour avoir envie d'en discuter avec eux, mais cet inconnu qui lui faisait face semblait être l'interlocuteur idéal. Alors Marguerite lui lança :


- Mais autrement, vous n'avez pas entendu des choses bizarres se raconter, ces derniers temps ? A propos d'anges, ou de saints, une connerie du genre...
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Lun 2 Fév - 22:30

Anton Flamisch a écrit:
AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
La conversation était lancée… Anton savait pas trop pourquoi il la faisait, il aurait du partir et passer la soirée chez lui, comme chaque soir. Bah… à nouer si peu de contacts, il finira par mourir seul… sauf qu’il est déjà mort. Enfin, ça fait pas de mal de parler un peu, même s’il reverra jamais cette femme, c’était agréable de parler un peu de temps à temps. Alors il parlait. De quoi ? De camionnette, de boulot… les trucs bateau quoi. Et elle répondait, entre deux tirettes.

« Non non, bien sûr. Officiellement, je bosse à l'usine, là-bas... Mon supérieur a juste la manie de me refiler des extras, comme conduire ce tas de ferraille.
- Du travail en sup, hein… »

Ca arrivait… c’était pas agréable, mais sans ça la boite tournerait pas. Il pouvait comprendre que conduire une poubelle comme celle-là devait pas être une partie de plaisir, surtout après un journée à l’usine… une usine de viande en plus, ça devait être affreux cette odeur d’abats, de dépeçage d’animaux fraichement abattus… la pauvre, elle devait avoir le cœur mieux accroché que celui de la bleusaille qui part en guerre apprendre la vie.

« Mais autrement, vous n'avez pas entendu des choses bizarres se raconter, ces derniers temps ? A propos d'anges, ou de saints, une connerie du genre...
- Des choses bizarres… c’est pas ce qui manque en enfer. J’ai entendu parler des saints, ouais… mais j’en sais autant sur eux que sur cette femme qui traverse la route à l’autre bout de la rue : absolument rien. Désolé de vous décevoir. »

Dit-il en regardant passer ladite femme alors qu’il réduisait encore la taille de sa cigarette d’une inspiration. Des anges en enfer… A ce qu’on dit, Dieu est amour alors il allait pas faire la guerre aux pêcheurs quand même. Qu’est-ce que les anges foutent en enfer ? Il aimerait bien le savoir. Peut-être que c’est une opération pour accorder le pardon à certains des morts pour leur proposer une place au paradis. Dieu manque peut-être d’adversaires à la belotte, allez savoir…

« Si vous voulez mon avis, la rumeur va durer un moment puis disparaitra sans qu’on s’en rende compte… comme toutes les rumeurs. »

La dure loi des ragots : on en parle, on en parle… puis on oublie, on passe à autre chose. Un coup on parlera du sein plus gros que l’autre d’Eve puis demain ça sera la rumeur sur la paire de fesses de Cleo. Faut bien ça pour distraire les habitants de l’Enfer comme les vivants.

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Ven 13 Fév - 19:54



Le type ne savait rien de plus sur lesdites rumeurs. Boarf après tout, Marguerite se demandait déjà ce qui l'avait poussée à lancer le sujet. Son quotidien devait résolument manquer de piment, et se voir acculée à de telles banalités lui sapait passablement le moral. Elle aurait voulu faire trois pas en arrière dans le temps, réfléchir à quelque chose de mieux, éviter à tout prix cette branche insipide des conversations citadines ou, mieux encore, se nicher entre deux pavés du trottoir. Enfin bon, la journée ne tirait pas encore à sa fin, et il lui fallait garder bonne figure au moins jusqu'au seuil de son appartement.
Aspirant de nouveau une longue bouffée de sa cigarette, Marguerite constata avec dépit qu'elle était la dernière. Elle acquiesça aux propos du type en costume, toujours confuse d'avoir amené leur conversation sur le thème des rumeurs, et finalement d'accord avec ce que lui-même avait à en dire.


- Tout juste, répondit-elle.C'est sans doute ce qui va arriver.


A bout de bras, Marguerite écrasa son mégot contre la vitre de la boucherie, récoltant au passage la grimace accablée de son collègue. Elle le gratifia d'un sourire goguenard, ravie d'avoir pu l'agacer un peu. Et puis, se rappelant le surnom dont il l'avait aujourd'hui encore fait subir la pesanteur crasse, son sourire se mua instantanément en un rictus. On ne pouvait décidément tirer aucune joie de leur collaboration. Elle entendait encore les syllabes « Ma-ggie » marteler son crâne comme une comptine. Non vraiment, il fallait qu'elle se débarrasse de cette sensation au plus vite.
Comme s'il était la solution à ce désagrément, la jeune femme se retourna vivement vers son interlocuteur.


- Au fait, je m'appelle Marguerite.


Voilà, l'astuce avait eu l'effet escompter. Prononcer son propre prénom avait eu pour effet de lui donner l'impression qu'elle reprenait le contrôle. Nul doute que l'étranger ne songerait jamais à l'appeler autrement, à supposer qu'il en ait ne serait-ce que l'occasion.
Et puis, joignant le geste à la parole, Marguerite s'avança d'un pas en lui tendant la main, l'air le plus naturel du monde.




HRP
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Sam 21 Fév - 8:22

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Les anges en enfer… quelle drôle de rumeur. Pourquoi viendraient-ils en enfer ? Les damnés n’ont rien fait qui aient pu offenser Dieu… du moins à la connaissance d’Anton. Après, les Slenders avaient leurs petits secrets, peut-être qu’ils ont effectivement fait un truc pas cool au tout puissant. Mais bon, les rumeurs partent aussi vite qu’elles arrivent et c’est pas cette femme qui osa prétendre le contraire. Elle alla même rejoindre la pensée d’Anton avant d’écraser son mégot contre la vitre. L’Allemand, lui, sortit un petit tube de sa poche et retira le bouchon en fer avant d’y glisser son mégot, refermer le bouchon et ranger le compartiment dans sa poche.

« [b] Au fait, je m'appelle Marguerite.[/color]
- Enchanté. Moi, c’est Anton. »

L’allemand n’était pas certain de revoir cette femme un jour mais puisqu’elle a lancé les présentations, autant la suivre. Il lui serra donc la main en réponse à son invitation.

« Vous n’avez pas l’air d’aimer ce boucher pour en venir à dégrader sa vitre… ou alors vous faites ça à tous les clients de votre boite ? »

Après, libre à elle de faire ce qu’elle veut, lui ne fait que constater pour poursuivre la conversation.

« Et je ne vois pas vraiment ce que des anges viendraient faire en enfer. C’est le lieu des abandonnés de Dieu, ses protégés n’ont aucune raison de venir ici. »

C’était toujours bon d’avoir l’avis des autres quand même, quand bien même ils s’agiraient de rumeurs qui disparaitront d’ici une semaine ou deux.
Merci à UmiBwack sur Epicode

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Dim 8 Mar - 13:45



Le type se présenta, et Marguerite hocha la tête, comme si le geste pouvait l'aider à imprimer dans sa mémoire un prénom que la fin de la journée effacerait très probablement. Ce n'étaient jamais que deux syllabes de plus à son compteur, mais ces derniers temps, mieux valait ne pas trop lui en demander. Il lui serra la main, puis elle se détourna légèrement pour se tenir de profil par rapport à lui. Au train où glissait leur conversation, elle ne voyait pas l'intérêt de lui faire face. De bais, elle pouvait garder un œil à la fois sur son interlocuteur et sur la rue. Ça, c'était chouette. Malgré sa fatigue, Marguerite trouvait toujours quelque chose à observer. Que ce soit la façade morne des bâtiments d'en face ou l'air non moins triste d'Anton, elle aimait à collecter des images de sa journée.


- Vous n’avez pas l’air d’aimer ce boucher pour en venir à dégrader sa vitre… ou alors vous faites ça à tous les clients de votre boite ?


Marguerite haussa un sourcil. La relation qui l'unissait à son boulot et à tout ce qui s'y rattachait n'avait rien de bien gai, mais elle ne la ressentait pas non plus comme foncièrement négative. C'était une relation professionnelle dans sa banalité la plus outrageante, et les différents chaînons de l'abattoir lui semblaient tous plus bêtes les uns que les autres, mais elle ne s'en formalisait pas. Tant que ces crétins abâtardis à la tâche ne débordaient pas sur sa vie privée, c'était viable.


- C'est de la pure taquinerie, finit-elle par répondre. On s'emmerde tous les uns les autres, mais ça reste raisonnable.


Anton poursuivit sur la question des anges. Somme toute, rumeur infondée ou pas, cette histoire restait hautement perturbante. Comme il le soulignait, ces foutus protégés de Dieu n'avaient rien à faire ici, ce qui rendait l'hypothèse de leur présence encore moins soutenable. Ce qui pour l'heure lui semblait le plus plausible, c'est que l'ennui dans lequel elle se morfondait la plupart du temps avait vu en cette rumeur un parfait exutoire, et s'était jeté voracement dessus pour lui donner de la résonance. Marguerite aimait moyennement l'idée de tomber dans le panneau d'un scoop aussi peu crédible, mais elle connaissait aussi bien les ressorts de son instinct de survie. Surtout, ne pas se laisser manger par l'ennui. Il n'en demeurait pas moins qu'un certain nombre de damnés avaient relayé l'affaire...

Marguerite retournait cette idée dans sa tête quand ses perceptions l'en détournèrent à nouveau. Un grincement de mauvais augure s'était élevé dans la rue. Avec circonspection, la jeune femme lança un coup d'œil au boucher par-dessus son épaule, histoire de vérifier qu'il n'était pas en train d'aiguiser ses couteaux. Mais le bruit ne ressemblait pas au raclement habituel d'une lame. C'était quelque chose de plus sourd, de plus diffus. Les secondes s'écoulèrent, et la mâchoire de Marguerite se crispa. Ça devenait d'autant plus agaçant qu'elle ne savait pas au juste d'où ça pouvait venir.
Et puis elle la vit.
Tressautant sur ses vieux pneus pâlis, la camionnette lâchait ce râle incongru qui gagnait en ampleur d'une minute à l'autre. On en voyait les vitres trembler et les essuie-glaces se trémousser sur le par-brise. La carcasse entière semblait agitée de convulsions.


- Qu'est-ce que...


Marguerite commençait tout juste à articuler un grognement quand un nuage de fumée noiraude jaillit avec un « Pop ! » sonore du pot d'échappement, aussitôt suivie d'une série de claquements vindicatifs. Dans une dernière pétarade, la camionnette exhala son trop-plein de fumée, accompagnée de flammèches violines qui crépitèrent dans l'air. Dans le nuage de crasse qui s'en dégageait, la voiture disparut avec de petits grésillements affolés.
Atterrée, Marguerite lança un regard au boucher, qui commençait déjà à vociférer à l'intérieur. La nappe de fumée s'étendait rapidement, noire de poix, si bien que la jeune femme se mit à tousser. Elle invita Anton d'un signe à la suivre à l'intérieur de la boutique, pensant qu'une vitrine de verre leur serait une protection utile. Le boucher les accueillit avec sa face rougeaude et congestionnée qui postillonnait des invectives à l'égard de sa collègue. Tant qu'on n'y verrait pas clair là-dedans, elle était toute désignée pour être la coupable.


- Ça va, rien de cassé ?, demanda-t-elle à Anton après avoir donné libre cours à une bonne quinte de toux.


Dehors, la camionnette n'en finissait pas de s'époumoner. Elle semblait prête à partir en vrille. Décidément, quelque chose s'acharnait à faire de cette journée l'anti-promotion de la boucherie du quartier. Quoique, si le véhicule finissait par claquer en feux d'artifice, peut-être les badauds arriveraient-ils en masse. Marguerite se demandait si après de telles déboires, le malheureux client aurait toujours l'aplomb de consommer son steak.

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Ven 20 Mar - 20:52

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Les presentations étaient faites et la conversation se tassait, mourrant à petit feu comme les dernières braises de leurs cigarettes. Anton posait encore une ou deux questions, mais il était désormais evident qu’ils allaient se séparer d’ici très peu de temps.

« C'est de la pure taquinerie. On s'emmerde tous les uns les autres, mais ça reste raisonnable. »

De la taquinerie, hein ? Il fallait sans doute au moins ça pour rendre un peu intéressant son travail. Il fallait bien admettre que lui-même a fini par se lasser de son boulot de videur au Sed, chaque soirée se suivant et ressemblant à la précédente : une Eve bourrée à éjecter une fois qu’elle aura trop agacée Cleo, suivi de quelques clients un peu trop alcoolisés… oui, c’était d’un ennuyeux, mais la seule « blague » qu’aura fait sa patronne aura suffi à le convaincre de partir… non franchement c’était mieux comme ça.

A cette réponse se suivit un silence qui ne dura pas. Un étrange grincement commença à se faire entendre. Anton regarda autour de lui afin d’en localiser la source, jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que c’était la camionnette qui faisait ce bruit. D’abord léger, le raclement gagnait en intensité tout comme les spasmes qui agitaient l’épave.

Puis ce fut le chaos.

Un nuage de fumée s’échappa du pot d’échappement alors que le bruit devenait trop inquiétant et le reste de fumée jaillit alors rendant irrespirable et imperceptibles les environs.

Sur invitation de Margueritte, Anton se précipita à l’intérieur alors que la poix commençait à emplir ses poumons. Ce n’était pas parce qu’il était déjà mort qu’il aurait envie de tester les conséquences d’une asphyxie sur son corps. Leur hôte de fortune ne semblait pas ravi de la situation et Margueritte en faisait les frais. Elle prit quand même le temps de s’inquiéter de l’état de santé de l’Allemand.

« Ca va, pas de blessures. »
Le véhicule semblait bien parti pour n’en faire qu’à sa tête pour encore longtemps. Anton n’osait pas trop sortir tant qu’il ne verrait pas à plus d’un demi-mètre dehors. En plus, cette épave semblait prête à exploser à n’importe quel instant… Et dire que la viande qu’il a acheté a voyagé dans ce truc. Vu ce qui se passait, il commençait à douter de l’hygiène de ce qu’il comptait manger ce soir.

« Ca lui arrive souvent, ce genre de caprices ? »

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Dim 10 Mai - 17:17





BBQ PARTY, BITCH.

Personne ne me voit jamais. Esprit fourbe, dans la vie comme dans la mort. Invisible aux yeux des hommes, des femmes. On m’a donné tellement de noms, dans toutes les civilisations. « Poltergeist ». « Esprit mâlin ». « Esprit frappeur » même. Mais la définition qui me colle le plus à la peau, à mon caractère, à ma façon d’être et de voir le monde, c’est simplement « Malchance ».

C’est ça, appelez moi Malchance. Enchanté. Et c’est en cette heure, en cette douce journée, que mon dévolu, sur toi s’est porté, douce fleur cadavérique. Marguerite. Fleur des champs, fleur sauvage et indomptable aux pétales immaculés. Robuste et fragile à la fois, n’est ce pas ?

Et cette petite fleur qui en ce jour, m’a tapé dans l’œil, je la suis depuis un petit moment à vrai dire. Ce matin, quand elle s’est levée, j’étais déjà là. A cacher ses clés. A faire tomber sa tasse de café sur son courrier.

Oui c’est vrai, je m’amuse d’un rien. C’est pas beau la vie ? Enfin, la mort je dirais plutôt. Sévissant à la fois sur Terre et en Enfers, jamais je ne me lasse des petits aléas que mon intervention provoque. C’est beau, c’est grisant, cette petite frustration qu’on lit dans les yeux des victimes au moment où elles réalisent. Cette petite crise cardiaque lorsqu’une personne touche sa poche de jean et ne sens plus son téléphone. Les temps modernes sont merveilleux pour provoquer le malheur d’autrui en seulement une seule seconde.

Grisant je vous dis.

Enfin bref. Je n’en ai pas terminé avec toi ma petite Marguerite. Et ta précieuse camionnette qui te sors tant par les yeux ces temps-ci, je n’ai pas terminé de t’ennuyer avec tu sais ?

La fumée bien noire se dissipe lourdement alors que le bruit du moteur se meurt en une agonie lente et grinçante. Elle est en train de tirer son dernier soupire, tu sais ? Oui tu le sais. Parce que mon rictus se fait plus violent alors que dans les yeux de ma jolie fleur immaculée, je vois poindre une lueur. ‘Savez, cette lueur de compréhension terrible qui vous tire un « Putain… » lourd et jouissif. Oui, ce « Putain » là.

Mais laisse ta putain tranquille, Marguerite, j’en ai pas finis avec ton cas.

Parce que, lourdement sur le sol, se vide un liquide voir et gluant. Dangereux ? Non pas du tout. Mais terriblement salissant et glissant. Ouais, de l’huile ouais. Mais ça limite on s’en fou un peu. Quoi que, si jamais tu glisses dessus, ça me tirerais bien plus qu’un rictus, mais plutôt un rire bien gras. Mais je ris déjà à gorge déployée. Parce que ce que tu as compris, c’est ce silence qui suivit ce dernier grincement émanant de ta précieuse camionnette.

Un silence qui ne voulait dire qu’une chose. Eh oui ma belle, ton ventilo est mort. Ta camionnette ne sera plus à température d’un moment à l’autre. Et toute la bidoche dedans, elle sera foutue. Oh ouais je sais, c’est pas bien grave, c’est pas comme si les morts avaient réellement besoin de manger pour survivre ici. Par contre toi, t’auras besoin d’aide pour retrouver du boulot pour avoir perdu autant de marchandise, tu crois pas ?

Allez, démerdes-toi bien avec ta camionnette qui décongèle ma belle, ça me fera bien rire de voir comment tu vas te tirer de cette situation.

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Mer 13 Mai - 11:12



Après qu'il lui eût assuré qu'il n'avait rien de cassé, Marguerite ne fit plus attention à Anton. Et pour cause. La face livide – à supposer qu'elle puisse l'être plus que d'habitude – elle ne pouvait se détacher du spectacle de la camionnette à l'agonie. Un véhicule qui rend l'âme en pleine rue, ce n'est certes pas banal, mais pour la plupart des gens, les conséquences en sont quasi-nulles. Tout au plus un peu de cendres et de détritus sur le trottoir les jours d'après, le temps que le vent les balaie. Mais en ce jour de la semaine, Marguerite n'était pas la « plupart des gens ». Aujourd'hui, Marguerite était une employée de l'abattoir, et puis c'est tout. Une employée bien dans la merde, en l'occurrence.

Derrière son comptoir, le boucher n'en menait pas large lui non plus. Sur son visage porcin se succédait les différentes torsions exercées par le colère, le désespoir et l'incompréhension. Quand enfin la camionnette cessa de faire entendre ses récriminations et que le nuage noir que ses poumons avaient craché commença à s'effilocher dans la rue, le pauvre bonhomme se mit en tête de réagir. Toujours agité de tics nerveux, il s'empara du téléphone et fit s'acharner ses gros doigts sur les touches. Les « tuit tuit » qui s'en échappèrent, brisant soudain le silence, arrachèrent aussi Marguerite à sa contemplation. Effarée, elle vit son collègue porter le combiné à son oreille.
« Qu'est-ce que tu fous ? », aurait-elle voulut lui lancer. Mais dans sa hargne, elle ne pouvait ignorer ce que signifiait le geste du boucher. Même si les patrons n'envoyaient pas illico quelqu'un sur les lieux, elle ne les entendrait pas moins, d'une minute à l'autre, aboyer dans le téléphone. Déjà, à l'abri derrière son comptoir, le boucher marmonnait un « Allo ? » embarrassé. Mâchoires crispées, Marguerite le fixa tout au long de l'échange, jusqu'à ce que son collègue finisse pas lâcher, en guise de conclusion :


- J'en sais rien moi, merde, demandez à Maggie ! C'est pas moi qu'ait conduit c'vieux rafiot !


Sur quoi il raccrocha, n'en sans décocher à l'adresse de la jeune femme un haussement de sourcil du type « Bin quoi ? » qu'elle n'était pas prête d'oublier.
Le pauvre type en était déjà à lui signaler que la marchandise était morte, et que des collègues allaient venir récupérer l'épave, mais Marguerite ne l'écoutait plus. Elle lança un regard un peu désespéré à Anton, navrée qu'il ait dû assister à ces péripéties. Mais si le boucher profitait des évènements pour tout lui mettre sur le dos – depuis le temps qu'il devait rêver de s'en débarrasser – le vigile pouvait lui être d'un précieux secours en témoignant en sa faveur. Lorsqu'elle fit mine de sortir de la boutique, son collègue protesta :
- Eh non mais oh, tu te crois où là ? Tu bouges pas tant que les autres n'ont pas inspec....


Mais Marguerite lui balança un « Merde ! » imparable et sortit dans la rue. Une odeur nauséabonde se dégageait déjà du véhicule, mêlant celle de chairs réchauffées aux effluves de l'essence répandue sur la route. Ca ne sentait pas meilleur que la situation en elle-même. Ce qui s'annonçait pour la suite n'avait rien d'une partie de rigolade. Avec un rictus, Marguerite se dit alors qu'elle ferait mieux de décamper. Les autres n'allaient pas tarder à rappliquer et elle ne tenait pas à faire partie du comité d'accueil, qui qu'en dise son collègue.


- Ep, vous trouvez pas que ça sent drôlement mauvais par ici ?, lança-t-elle à Anton, parole qu'elle appuya d'un mouvement de tête en direction de la ville.

Elle espérait qu'après les derniers évènements, le pauvre bougre n'avait pas plus envie qu'elle de rester sur les lieux du crime.
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Ven 22 Mai - 17:11

Pardon pour le délai de réponse, j’ai été occupé

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Eh ben, quel merdier. Anton observa la fumée opaque envahir l’extérieur, bien à l’abri derrière la vitrine de la boucherie, accompagné d’un vacarme du tonnerre. Ouaip… il allait faire l’impasse sur son steak du soir après un tel spectacle. Il ferait mieux de se trouver un boucher qui se faisait livrer la marchandise dans un véhicule plus en forme que le vieux tacot qui rendait l’âme devant ses yeux. Comme quoi, même en enfer, certaines choses pouvaient mourir.

Quand enfin le « calme » revint, le boucher passa un coup de fil. Après conversation, Anton comprit que la pauvre Marguerite allait encore avoir des emmerdes. Ce à quoi la jeune femme réagit en quittant boutique.

« Eh non mais oh, tu te crois où là ? Tu bouges pas tant que les autres n'ont pas inspec.... »

Ah ben si, elle bouge. Elle en a ras-le-cul, la Maggy, elle se tire du magasin et elle se retrouve dehors, Anton la suivant.

« Ep, vous trouvez pas que ça sent drôlement mauvais par ici ?
- Ouais, il serait temps de changer d’air. »

Rajoutant un hochement de tête, Anton suivit la jeune femme qui souhaitait visiblement partir plus pour laisser ces emmerdes derrière elle que pour respirer un air plus sain… même si ça aussi, ça devenait nauséabond. A la première poubelle qu’ils croisèrent, l’Allemand jeta son achat. Ya des rats qui vont se faire éclater la panse ce soir… avant de mourir d’intoxication alimentaire. Tant pis pour son portefeuille, il commandera un kebab ce soir pis vala.

« Vous voulez prendre un verre ? »

La pauvre devait en avoir marre, un verre l’aidera peut-être à aller mieux. Anton n’avait aucune arrière pensée, juste de la compassion pour elle. Ca lui fera peut-être du bien de faire passer sa rage avec un verre d’alcool.


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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Ven 29 Mai - 11:43



- Ouais, il serait temps de changer d'air.

Anton avait parfaitement saisit l'allusion. Cet aperçu du chaos que la camionnette avait bien voulu leur offrir avait littéralement achevé sa conductrice. La fatigue recommençait déjà à lui exploser dans les tempes et sa mâchoire s'agitait d'un tremblement que la nicotine seule semblait impuissante à calmer. Pour comble, la rue entière était imprégnée de l'odeur grasse du gasoil et de la fumée mélangés. Ce melting-pot crasseux pesait lourdement sur les nerfs déjà à vif de la pauvre dame.

Alors qu'ils s'éloignaient de la devanture de la boutique, le vigile balança son paquet dans la poubelle la plus proche. A son geste répondit l'écho mat et écœurant de la viande s'écrasant au fond du sac. S'il n'avait été qu'un innocent tas de viande une demi-heure plus tôt, le steak en question s'était vu dépouillé de toute sa valeur symbolique par les derniers évènements. Avec une grimace de dégoût, Marguerite se dit qu'il lui serait difficile de planter ses crocs dans quelque viande que ce soit jusqu'à nouvel ordre. Traînant lourdement ses savates sur le sol goudronné, elle se prit à rêver de laitue, d'un gratin de pommes de terre, de tarte au chocolat, de n'importe quel met susceptible de lui passer l'arôme infect de la fumée qui lui restait coincée dans la gorge. Bon dieu que ce quartier puait !

- Vous voulez prendre un verre ?

Marguerite redressa vivement la tête. Ses visions de bouffe se dissipèrent et elle parut reprendre conscience de la présence d'Anton. Ma foi, son idée ne sonnait pas trop mal. Quoi de mieux, après tout, qu'un bon verre pour enterrer cette foutue journée ?

- Ouais, complètement, répondit Marguerite. Par contre, laisse tomber le « vous », j'suis trop crevée pour les politesses.

Pas la peine de tergiverser. Au point où elle se trouvait, elle n'avait pas franchement envie de continuer à s'empêtrer dans ses conjugaisons. Et puis ce type n'avait pas franchement l'air d'un pédant, et de ce qu'elle avait vu, elle l'imaginait assez mal prendre la mouche pour si peu.

- Le bar le plus proche c'est le Sed non satiata, je crois. Ca te va ?

Dans tous les cas, il lui fallait à tout prix s'éloigner d'ici. Marguerite croyait déjà entendre le moteur vindicatif de ses supérieurs. A coup sûr, s'ils la trouvaient encore ici en arrivant, elle se ferait écorcher vive. Peu à peu, dans sa caboche grisée par la colère et la lassitude, elle voyait germer l'ombre d'une idée. Qu'ils viennent donc, ces vieux porcs. Ils constateront avec joie qu'elle a décampé, ils gueuleront sur le boucher, postillonneront sur sa viande, jurant des bon dieu et tapant du pied. Et puis dans les prochains jours, ne voyant pas la jeune insolente rappliquer au boulot, ils lui passeront un coup de fil. Peut être qu'elle ne leur répondra même pas. Et toc. Bon sang, cette idée lui plaisait. Avec ses années de service, Marguerite avait amassé un bon pécule que son loyer n'avait pas trop méchamment entamé. Prendre des vacances lui ferait le plus grand bien.
Alors, assenant une tape amicale sur l'épaule d'Anton, elle lui lança, avec un ricanement enjoué :

- Tu sais quoi ? C'est ma tournée. J'suis pas prête de revoir une paie de l'usine me tomber dans les poches, mais je compte bien faire flamber un peu la dernière !
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Sam 6 Juin - 12:54

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
C’était l’évidence même, il était temps de partir. Margueritte avait atteint son point de rupture, la prochaine couille qu’apporterait son emploi la mettrait hors de ses gonds. Il fallait qu’elle se détende et Anton lui proposa son aide par l’intermédiaire d’un verre d’alcool dans un bar.

« Ouais, complètement. Par contre, laisse tomber le « vous », j'suis trop crevée pour les politesses. »

Le vigile ne répondit que d’un haussement d’épaules. Il ne voulait pas la vexer. Du coup, il allait la tutoyer désormais, puisqu’elle lui a donné son autorisation.

« Le bar le plus proche c'est le Sed non satiata, je crois. Ca te va ?
- heu… »

Le Sed… non, ça lui allait pas. Il n’avait absolument pas envie d’y remettre les pieds. Cent années pour bosser pour Cleopatre et craquer après la nuit de la St Patrick… non, clairement pas, il n’en avait pas envie.

« On pourrait pas plutôt se trouver un bistrot moins animé et cher ? Désolé mais je saque plus Cleo depuis quelques temps et je me porterais mieux si je suis loin d’elle. »

En plus, si Eve apprend qu’il remettait les pieds là bas… les morts ne pouvaient plus décéder, heureusement, mais cette furie serait capable de lui trouver un châtiment qui lui ferait regretter de ne plus pouvoir crever, une punition comme savaient jadis faire les dieux de l’Olympe.

« Tu sais quoi ? C'est ma tournée. J'suis pas prête de revoir une paie de l'usine me tomber dans les poches, mais je compte bien faire flamber un peu la dernière !
- Ben… merci, mais tu sais je comptais payer pour toi. Surtout si tu vas pas revoir de paye avant un moment. »

Manquerait plus qu’elle finisse à la rue par sa faute, tiens. Non franchement à choisir, il préférait lui offrir les consommations. Il roulait pas sur l’or, mais Eve le payait quand même convenablement. Et au vu du genre de patronne qu'elle était, c'était plutôt pas mal.
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Dim 21 Juin - 13:32



Anton semblait hésitant. Maintenant qu'elle y pensait, Marguerite regrettait un peu d'avoir proféré le nom de « Sed non satiata ». S'il existait un bar d'enfer par définition, c'était bien celui-là. Dans sa fatigue, elle avait dû voir grand l'espace d'une seconde, mais non, c'était définitivement le genre d'endroit qu'elle préférait éviter. Elle y avait mis les pieds une ou deux fois, c'était suffisant. Lorsque le vigile exprima sa réticence, Marguerite s'empressa donc de rectifier :

– Ouais, pas de problème. C'était une mauvaise idée, je sais même pas comment j'ai pu y penser.

A bien y repenser, il existait quelques troquets parfaitement abordables dans le coin. Tout ce qui importait à Marguerite, pour l'heure, c'était de s'éloigner rapidement de la boucherie. Elle fit donc signe à Anton de la suivre et s'empressa dans le dédale des rues miteuses du Quartier 0. L'après-midi touchait à sa fin à présent, et l'ombre des bâtiments qu'ils longeaient paraissait s'appesantir sur leur passage. On n'y croisait pas âme qui vive – pas une qui soit morte non plus. Nul doute que cette zone des Enfers portait bien son nom. Ceux qui avaient le malheur d'y vivre la fuyait en journée, y passaient des nuits ivres et troubles, mais ne se montraient pour ainsi dire presque jamais. Par moments, on pouvait y croiser une gueule hagarde, ou plus rarement un essaim d'enfants au regard torve, mais ces apparitions ne faisaient que renforcer ce malaise étrange qu'inspiraient les lieux.

Marguerite marchait assez vite, pressée de troquer contre cette vision lugubre de quoi oublier son impossible journée. Alors qu'elle bifurquait dans une ruelle, la triste enseigne d'un bistrot se dessina au-dessus de leur tête. Le « o » du Néon glacé tendait à s'effacer et un petit malin avait tenté de griffonner un « t » à la suite de « Néon ». L'établissement ne payait pas de mine, mais Marguerite savait pouvoir y trouver de quoi apaiser ses démons.
Elle envoya dans la porte un coup d'épaule qui la fit grincer de protestation, sous le regard tremblant d'une jeune serveuse. Marguerite la salua d'un hochement de tête grave avant d'aller s'échouer au comptoir.

- J'espère que ça te convient, finit-elle par lancer à l'adresse d'Anton.

Maintenant qu'elle était posée, loin de l'agitation de tout à l'heure, et que la barmaid jaugeait ses traits fatigués pour en déduire ce qu'il convenait d'apporter à sa cliente, Marguerite se sentait presque sur le point de se détendre. Un mot d'Anton lui revint à l'esprit, et elle ne pu s'empêcher de demander :

- C'est quoi ton problème avec Cléo, d'ailleurs ?

Elle se rappelait vaguement une pimbêche un peu désagréable, mais ses brefs passages sur son territoire l'avaient assez mal informée sur la personne.
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Dim 28 Juin - 14:39

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Retourner au Sed… non, franchement, même en échange de mille et une richesse, même contre la promesse de passer le reste de sa non existence dans le luxe et le Bonheur, Anton n’y retournerait pas. Il ne pouvait plus voir Cleo en peinture.

« Ouais, pas de problème. C'était une mauvaise idée, je sais même pas comment j'ai pu y penser.
- C’est pas grave. »

Au moins elle a accepté l’idée de ne pas y aller. La clientèle de cette boite était encore assez énorme, comme si la sombre affaire de la St Patrick n’avait jamais eu lieu, mais Anton, lui, n’oubliera pas et ne pardonnera pas. Il a très mal vécu cette nuit, même s’il a été bien plus chanceux que d’autres…

L’Allemand suivait la livreuse de protéines dans le dédalle du Quartier 0. En cette fin d’après-midi, ils ne croisèrent personne, pas une seule entité capable de penser et se mouvoir, pas une forme de non-vie… tout ça jusqu’à arriver à un pub où ils entrèrent. Sans être vraiment mieux que la concurrence, l’endroit avait quand même le mérite d’être plus agréable que les ruelles qu’il occupait. Le duo s’installa au comptoir.

« J'espère que ça te convient
- Ca me convient largement. »

Enfin, il fallait encore qu’il goûte la consommation locale mais il n’était pas vraiment quelqu’un de difficile. Il ne pourra probablement jamais s’offrir un spiritueux de luxe de toute façons alors c’était un habitué des alcools insipides, même s’il espérait quand même trouver quelque chose de buvable ici.

« C'est quoi ton problème avec Cléo, d'ailleurs ? »

L’allemand laissa s’échapper un soupir en repensant à ses années passées.

« J’ai bossé pour elle pendant quoi… cent ans ? Deux cent ? J’ai perdu le compte… bref, elle a été ma première et seule employeuse pendant un long moment de ma non-existence… j’étais videur dans son foutu bouge. J’étais pas si mal traité que ça, même si elle est loin d’être la patronne idéale. Nan, le pire c’était les soirs où Eve se pointait… et elles étaient nombreuses, ces soirées. Je sais pas ce qu’elle a, cette femme, si elle venait vraiment pour faire chier Cleo ou pour me faire chier moi. Chaque soir c’était la même chose : elle se glisse parmi les visiteurs, elle picole et tôt ou tard, elle rencontre Cleo. Ca gueule plus fort que la musique puis mon talkie vibre : « Flamisch ! Viens me débarasser de cette trainée » et me voilà à balancer la première femme de l’univers dehors, comme on jette les ordures. Au mieux elle est pas trop bourrée et ça se passe bien… au pire je me prends des coups et je lui rends. Enfin, je m’y étais habitué… »

Les commandes arrivèrent. Anton se saisit de son verre de whisky en remerciant la serveuse puis but une gorgée… c’était pas le meilleur whisky au monde mais il restait meilleur que celui qu’il achetait à l’épicerie du coin.

« Puis vint le fameux soir de la St Patrick, la nuit de trop… t’as du en entendre parler : Eve s’est encore amenée, a cherché des noises à Cleo et misse Reine d’Egypte a pêté son cable… avec Virgile, elle a changé tous les gens présents dans la boite, que ça soit ses filles, les clients ou les autres employés, en Leprechauns et leur a lancé un défi à chacun. J’étais supposé ramener un drapeau irlandais suspendu au dessus de la piste avant qu’un autre gnome l’attrape mais… au final, plutôt que jouer le jeu, on a fait équipe. Il était prêt à se déclarer perdant et accepterle gage qui l’attendait pour que moi je m’en sorte. Bref, il a pas joué le jeu et Virgile l’a flingué avant de nous rendre notre apparence. L’autre gnome, c’était une femme. Elle n’est pas morte mais… elle va passer sa vie avec un troisième trou dans le bide. Tout ça parce qu’on n’a pas voulu jouer à son putain de jeu… bref, après ça j’ai démissionné et j’ai cherché un nouveau taf… »

Il but une nouvelle gorgée de whisky, mettant fin à son histoire.

« J’ai toujours eu un soucis avec les personnalités puissantes, que ça soit elle ou Hitler… quand ils pêtent plus haut que leur cul, je finis par me casser… »
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Mer 8 Juil - 15:30




Vautrée au comptoir, Marguerite ne perdait pas une miette des propos d'Anton. Elle avait déjà expédié cul sec le premier verre que la serveuse lui avait apporté, et la liqueur lui arrachait délicieusement la gorge. Pas de doute, c'était exactement ce qu'il lui fallait. Autant de semaines à traîner sa carcasse dans les allées froides de l'abattoir, à se coltiner les livraisons et la face postillonnante du boucher avait salement entamé son humeur. Elle n'aspirait plus qu'à se laisser fondre dans son verre, en espérant que la barmaid aurait la décence de lui accorder le droit de dormir là. Pour l'heure cependant, elle appréciait la petite histoire que lui rapportait le vigile. Encore un qui s'était laissé abuser par les plus grands... elle comprenait subitement d'où venait cette lassitude qui lui marquait les traits.
La nuit de la Saint Patrick... Marguerite en avait vaguement entendu parler comme d'un truc sordide, mais maintenant qu'Anton la mentionnait, elle ne pouvait s'empêcher de le fixer avec de grands yeux ronds. Dans sa face plus cireuse qu'une porcelaine malade, ce regard souligné de noir devait donner lui un air assez lugubre. Ce soir-là, Marguerite aurait pu tenir lieu d'une publicité vivante pour le Quartier Zéro. Autant dire que la conclusion d'Anton manqua de lui décrocher la mâchoire inférieure.

- Attends, t'as bossé pour Hitler ?

Mais qui c'était, ce type ? Un deuxième verre aidant, Marguerite se refaisait en imagination la scène des Leprechauns et, plus elle y songeait, plus la perplexité venait mêler sa pâte à ses réflexions. Hitler, Cléo, et maintenant Eve... Il avait bien dit travailler au centre commercial, non ? C'était du suicide. Ce type avait un grain, sérieusement.

- Et le boulot, c'est quand même pas mieux d'avoir Eve aux commandes, si ?

A ces mots, elle ne put s'empêcher de lancer un coup d'œil inquiet aux alentours. Non pas que l'alcool la rende parano, mais casser du sucre sur le dos de la sainte mère des damnés, ça ne l'avait jamais mise tellement à l'aise. Elle ne se gênait certes pas pour le faire, mais quand même... d'une certaine manière, c'est comme si la rousse avait toujours été dans le dos de tout le monde, prête à bondir. C'est en ce sens que Marguerite concevait mal comment travailler sous sa tutelle pouvait être nettement plus agréable que d'avoir Cléo pour patronne. Bon d'accord, après les évènements de la Saint Patrick, il faut dire qu'Anton n'avait sans doute pas eu des masses de choix.

- En tout cas je suis bien d'accord. Les puissants, c'est pas trop mon truc non plus.

Non vraiment, l'autorité et Marguerite, ça faisait trois. Maintenant qu'elle y songeait, il lui semblait incroyable d'être encore employée à l'usine. Ou bien ses boss n'y avaient vu que du feu, ou bien elle s'était montrée particulièrement sage. Si la reconversion d'Anton n'avait pas franchement l'air d'une réussite, au moins, il avait pu s'extirper du pire vers une situation un tantinet plus vivable. Peut être qu'après le pétage de câble de la camionnette, Marguerite pouvait espérer s'en sortir de la sorte. Ses réflexions suivaient leur petit bonhomme de chemin, et la jeune femme pressentait qu'une forme indistincte d'idée émergeait dans la région encore active de sa matière grise. C'était assez agréable, ça avait l'air marrant, et il lui tardait de savoir en quoi ça allait se transformer.
Avec un regard entendu pour la serveuse, elle sortit à nouveau son paquet de cigarette, et le posa sur le comptoir, faisant signe à Anton de se servir s'il le souhaitait. Et alors, ce fut le déclic. A peine prononçait-elle l'usuel « J'pourrais emprunter ton feu s'il te plaît ? » qu'une expression béate étira ses traits fatigués.

- Nom de dieu, mais je sais ce qu'il me faut ! Faut foutre le feu à l'abattoir !
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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Jeu 9 Juil - 13:43

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Devant un verre, toutes les langues se délient. C’était la magie de l’alcool. On se sentait bien, on baissait sa garde et on parlait de tout et de rien. Plus la personne est sympathique, plus on est enclin à parler et parfois – souvent – un peu trop.

« Attends, t'as bossé pour Hitler ? »

Ouais… c’était pas la meilleure chose à dire. Limite, il aurait montré une carte de membe du KluKluxKlan, il aurait eu l’air plus gentil.

« J’étais soldat pour l’armée Allemande, ouais… jusqu’à ce que je déserte et me fasse exécuter au poteau. »

Et ils ont pas été avare en plombs… mais ça, il va ptet le garder pour lui.

Margueritte eut au moins la gentillesse de parler autre chose que d’Hitler, rebondissant sur le nouveau boulot d’Anton.

« Et le boulot, c'est quand même pas mieux d'avoir Eve aux commandes, si ?
- Ben… c’est limite plus calme : Elle m’appelle presque pas pour jarter un individu qu’elle peut pas saquer vu qu’elle traine pas dans les couloirs comme si elle était elle-même une cliente donc je la supporte moins que je devais supporter Cleo, elle ne transforme pas ses clients en gnomes –ou en tout cas elle l’a pas encore fait – et elle est moins arrogante que l’ex-reine d’Egypte… mais elle a du niveau quand même. Et quand elle pique une crise, elle fait trembler le centre… littéralement. »

Un jour viendra, le centre s’effondrera sur lui. Et c’est pas le fait d’être déjà mort qui rendra la chose agréable.

« En tout cas je suis bien d'accord. Les puissants, c'est pas trop mon truc non plus. »

Ouaip… les puissants ont de sérieux soucis d’ego pour la grande majorité… Il vida son verre de whisky et en demanda un autre. Le liquide lui brûlait la gorge et chassait les problèmes de sa tête, réchauffant son ventre.

Margueritte sortit son paquet de clopes, en calla une entre ses lèvres et demanda du feu à Anton. Et à peine celui-ci plongea la main dans sa poche, en quête d’un briquet…

« Nom de dieu, mais je sais ce qu'il me faut ! Faut foutre le feu à l'abattoir ! »

L’allemand releva les yeux vers elle, l’incompréhension se lisant sur son visage. Incendier l’abattoir ? Elle était sérieuse ? C’est pas possible, elle était bourrée ! Combien de verres elle a bu déjà ? Pas des masses lui semblait-il, mais il n’a pas vraiment fait gaffe. Peut-être qu’elle tient pas l’alcool et qu’elle est déjà bien imbibée du coup. Pourtant, il essayait de décrypter la logique… Margueritte avait visiblement une dent contre ses employeurs. Outre le matériel défectueux et la viande d’origine et qualité douteuse, elle fréquentait des artisans fort peu aimables. Elle avait besoin de repos – on peut difficilement avoir des vacances en enfer – pour évacuer la pression… après, effectivement, tout le monde étant déjà mort, un incendie les tuera pas mais quand même…

« Franchement, je sais pas si c’est une bonne idée. Et pis qu’est-ce que ça te rapporterait sinon détruire l’abattoir, cramer tes collègues et probablement t’attirer des emmerdes ? »

Après, elle faisait ce qu’elle voulait… lui, de son côté, il oserait pas… encore que… il a eu envie de faire flamber le Sed, lui aussi, après quelques verres… le whisky lui murmurait que ça pourrait être intéressant de regarder Margueritte prendre son pied à fouttre le feu à l’abattoir… la raison et l’alcool se disputaient l’esprit du pauvre Allemand.

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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Dim 2 Aoû - 14:34




Elle avait beau, dans les bribes de lucidité qui lui restaient, admirer avec quelle patience l'Allemand avait ainsi enchaîné les pires enflures de patrons et patronnes, Marguerite, quant à elle, ne digérait pas les crasses de son propre emploi. L'alcool n'y était pas pour grand chose, d'autant qu'à sentir l'orage approcher, la serveuse mettait un temps fou à se décider à remplir son verre. Non, la profonde lassitude qui était la marque de fabrique de notre pauvre Marguerite commençait simplement à salement tirer sur ses nerfs. Le stade critique était atteint.
Saisissant fébrilement le briquet que tenait encore Anton, elle en fit jouer la flamme à plusieurs reprise avant d'allumer sa cigarette.


- Franchement, je sais pas si c’est une bonne idée. Et pis qu’est-ce que ça te rapporterait sinon détruire l’abattoir, cramer tes collègues et probablement t’attirer des emmerdes ?

Ouais, Anton était loin d'avoir tort. Mais bon, la tempérance semblait parler avant toute chose, chez lui. Fallait quand même être sacrément posé pour endurer les situations foireuses auxquelles il avait pu être confronté de son vivant, et jusqu'ici. Mais si l'abattement était le propre de Marguerite, ça n'avait rien à voir avec le calme. Qu'on lui marche durablement sur les cotes, et elle risquait fort de se mettre à remuer. Traiter un problème depuis un angle raisonnable, c'était pas son truc. Non, vraiment, l'abattoir c'était bel et bien fini, et pas seulement de son côté.


- Faudra faire ça de nuit, déclara-t-elle, les yeux dans le vague. Après vingt heures, il ne reste plus que les patrons. Je mets pas les collègues dans le même sac, pour sûr. Mais les rupins, ils peuvent bien se torcher.

Et ses yeux brillaient d'une lueur méchante tandis qu'elle descendait d'une traite le verre que la barmaid avait finalement consenti à remplir. Tirant fiévreusement sur sa cigarette, elle se passait déjà le scénario fumeux de cette idée de génie.

Mais le vigile avait l'air carrément hésitant. Et s'il la dénonçait à Eve ? Marguerite braqua l'éclat incertain de ses yeux noirs sur le pauvre type. Non, vu ce qui l'unissait à sa boss, il n'irait quand même pas jusqu'à lui servir sur un plateau une information pareille. Enfin elle l'espérait. Mieux valait assurer ses arrières.


- Rien n't'oblige à me suivre. Évite juste d'ébruiter le truc.

Il en avait suffisamment vu, après tout, mieux valait ne pas l'embarquer dans cette affaire. Quoique, Marguerite avait du mal à saisir comment le larbin d'aussi funestes ordures, alors qu'il avait l'opportunité de s'éloigner une seconde du droit chemin, pouvait ne pas vouloir saisir sa chance. A son sens, un bel incendie criminel restait une catharsis des plus efficace. Enfin, son instinct de préservation l'emportait sans doute sur l'esprit de vengeance, elle ne pouvait pas lui en vouloir. Restait encore à assurer ses arrières.


- Je peux te faire promettre ça ?


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MessageSujet: Re: Au nom de l'Entrecôte et du Saint Gigot [Pv. Anton]   Lun 3 Aoû - 16:39

AU NOM DE L’ENTRECÔTE ET DU SAINT GIGOT
Amen…

Anton PV Margueritte
Fouttre le feu à l’abattoir… sans mauvais jeu de mot, Anton trouvait cette idée totalement fumée… Margueritte était bien partie pour s’attirer les emmerdes. Il ignorait si c’était l’alcool qui lui a fait monter un plan aussi ridiculement dangereux mais elle faisait ce qu’elle voulait après tout.

« Faudra faire ça de nuit, après vingt heures, il ne reste plus que les patrons. Je mets pas les collègues dans le même sac, pour sûr. Mais les rupins, ils peuvent bien se torcher. »

Ouais, elle était à fond dedans. Ce soir, la boucherie allait se transformer en barbecue géant et l’approvisionnement en viande allait drastiquement chuter en enfer… enfin, il y avait d’autres boucheries en enfer, encore heureux, mais quand même…

« Rien n't'oblige à me suivre. Évite juste d'ébruiter le truc. »

Hein ? La balancer ? Ouais nan, ça lui attirerait des emmerdes. Anton était peut-être assez maso pour obéir à des gens comme Hitler, Cleo ou Eve, mais il avait une ligne de conduite et il était pas du genre à balancer quelqu’un comme Margueritte. Lui, il n’a rien vu rien entendu. Oui, elle a bu un verre avec elle mais à aucun moment elle ne s’est exclamée « tiens, je vais faire cramer mon lieu de travail ! ».

« Je peux te faire promettre ça ?
- Je te signerais même un contrat si garder une trace écrite n’était pas si risquée. »

Il dira rien… mais ça sentait la merde cette histoire.

« Compte pas sur moi pour fouttre le feu à quoi que ce soit mais… je viendrais voir le bâtiment bruler… et te filer un coup de main si tu te retrouves dans la merde. »

Pas envie de se sentir coupable pour elle si il lui arrive malheur…
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