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 Ballade insomniaque ✞ (Feat Elina)

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Haânkhès avatar
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MessageSujet: Ballade insomniaque ✞ (Feat Elina)   Mar 7 Juin - 22:11

Haka s’aspergea le visage d’eau glacée, nettoyant le sang séché qui souillait ses mains et sa bouche. Elle releva la tête pour croiser son reflet dans le miroir de sa salle de bain : le teint livide, le regard bestial et les lèvres tremblantes, quel piètre spectacle. Les soubresauts provoqués par l’adrénaline se calmaient petit à petit tandis qu’elle respirait profondément pour refouler Sekhmet.

Travail terminé, couchée ma belle…

Elle était épuisée ; la soirée avait été plutôt agitée et de délicieuses crampes s’emparaient déjà de ses membres endoloris. Elle se déshabilla, jeta machinalement ses vêtements tâchés sur le carrelage avant de se glisser sous une douche brûlante.
Elle ferma les yeux, laissant l’eau lui recouvrir le corps, tandis que son esprit s’évadait loin de cette pièce. Elle rêvait de la lumière du jour sur sa peau, de discuter avec ses semblables, de musique et des beignets au miel de son enfance. Que ne donnerait-elle pas pour être…normale ; troquer son existence de bête exilée contre celle d’une adulte banale courant pour attraper son tramway, triturant son iPod ou riant avec son voisin.

Haka, tu vas te brûler si tu restes trop longtemps sous l’eau.
« - Je sais Sek…merci. »

Elles avaient beau se chamailler en permanence, elles se protégeaient l’une et l’autre. Quitte à être condamnées à vivre ensemble, autant rendre cette vie la moins désagréable possible, même si la cohabitation était parfois…difficile.
L’égyptienne se sécha rapidement puis se dirigea vers sa chambre et se glissa sous ses draps. Elle jeta un regard à son petit radio réveil : il était 4h27. À cette heure, les différents quartiers étaient probablement vides, les mortels devaient dormir à poings fermés, cuver leur alcool ou se réveiller pour attraper leurs gigantesques oiseaux de métal appelé avions.
Non, elle ne trouverait pas le sommeil, elle le sentait. Un soupir, puis Haânkhès se leva et s’habilla sans vraiment savoir pourquoi. Elle choisit une de ses robes traditionnelles, la blanche.

Et si j’étais belle cette nuit…

En se disant cela, elle mit son plastron d’onyx, ses bracelets de lapis-lazuli et revint dans la salle de bain pour souligner son regard d’un trait de khôl. Une paire de sandales et un trousseau de clé plus tard, elle claqua la porte d’entrée de sa demeure et, comme à son habitude, lança un regard au Styx. La brume léchait la surface de son eau huileuse qu’aucune onde ne venait perturber, Nessie devait bien dormir.

Elle franchit la volée de marches qui la séparait du sentier et mis un pied devant l’autre, marchant sans trop savoir où aller. Elle flâna dans son quartier, puis dans celui de la paresse, le 5, et continua sa route jusqu’à arriver aux portes du numéro 6, celui de l’orgueil. C’était un des rares endroits qu’elle n’avait que très peu fréquenté, ne supportant pas ses occupants. Mais cette nuit, alors qu’elle levait des yeux émerveillés vers ces immenses bâtisses, ses pieds franchirent pour elle la distance qui la séparait des bâtiments de pierre. À sa droite, la cathédrale, grandiose et solennelle. Plus loin, à sa gauche, les ruines lugubres et silencieuses d’une haute tour qui devait surplomber la ville et offrir un magnifique panorama. Enfin, dans un coin plus reculé du quartier, une grande demeure aux allures fantômatiques semblait à l’abandon, très faiblement éclairée par quelques réverbères à la lumière vacillante.

Un grillage, un cadenas et des chaînes…Rien de bien méchant. Les morceaux de ferrailles tintèrent en tombant sur le sol tandis que l’égyptienne entrait dans le bâtiment, poussée par sa curiosité.
Quelques marches l’amenèrent à une lourde porte qu’elle poussa pour entrer dans un petit vestibule suivi de majestueuses colonnades de granit blanc partant sur les côtés, se finissant dans le fond de la pièce par un bar et un orchestre, encerclant en son centre une spacieuse salle de bal.
Le lieu étant plongé dans l’obscurité, Haka ne distinguait que partiellement les éléments qui l’entouraient et chercha à tâtons un interrupteur qu’elle trouva près de la porte d’entrée. L’endroit s’illumina d’une lumière tamisée provenant d’un imposant lustre qui surplombait un parquet de bois vernis recouvert d’un tapis pourpre. Enfin, en hauteur, au niveau de ce qui pourrait correspondre au 1ère étage, des petites loges venaient parfaire ce somptueux décor.

Haânkhès avança jusqu’au centre de la pièce, balayant les lieux d’un regard émerveillé. Elle imaginait autour d’elle les duo de danseurs et de danseuses se mouvant avec grâce dans leurs tenues scintillantes, la musique douce et entrainante des musiciens en costume faisant chanter leurs instruments, les cocktails dans des verres en cristal et les éclats de rires des dames de la bourgeoisie. Un monde qu’elle n’avait jamais connu qu’à travers les livres ou les rumeurs.
C’était si beau… Elle était bien dans cet endroit calme et tranquille. Elle ferma doucement les yeux, emportée par l’atmosphère chaleureuse.

Comment faisaient-ils déjà…

Une mélodie s’éleva doucement, uniquement perceptible par les oreilles de la belle. Ses pieds prirent vie, ses mains se levèrent timidement pour enlacer un cavalier fantôme, et elle commença à se mouvoir sur le velours rouge, entraînée par le piano, les violons, les flûtes et les percussions.

1, 2, 3, 4….1, 2, 3, 4…

Un début de valse se dessina dans ses gestes tandis qu’un sourire naissait sur ses lèvres.

1, 2, 3, 4…et 1, 2, 3, 4…

Les violons reprirent de plus belle, suivis par les cuivres et les bois. Au tour des flûtes tandis qu’un orgue faisait une entrée discrète.

1, 2, 3, 4…1, 2, 3, 4…

Une dame riait près d’elle, son cavalier lui souriait en la tenant chastement par la taille, la guidant dans ses mouvements.
Les yeux toujours fermés, elle dansait comme si elle avait fait cela toute sa vie. Ses courbatures avaient disparu. Un large sourire fendait à présent son visage, et pour une fois, Sekhmet la laissait en paix.

1, 2, 3, 4….1, 2, 3…

Elle s’arrêta brusquement de danser, fit volte face en rouvrant ses yeux pour scruter une loge du 1er étage d’un regard bestial, crispant ses mains, son sourire se transformant en une grimace sauvage, les genoux repliés et le corps tendu en position d’attaque : la déesse venait de s’accaparer son corps, la bête avait pris l’ascendant sur la belle.

Sek, qu’est ce qui se passe ? Pourquoi tu…

Il y a quelqu’un.

Haka mit quelques secondes à retrouver ses esprits tandis que Sekhmet scrutait toujours l’étage en grognant.

Je l’ai senti. Un intrus. Je ne sais pas depuis combien de temps il est là.
Pourvu qu’il ne m’ait pas vu danser…

Elle reprit petit à petit le contrôle de ses mouvements et prit une position plus décente, néanmoins toujours en alerte. D’une voix forte, elle s’exclama :

« - Montrez-vous immédiatement, je sais que vous êtes là. »


Dernière édition par Haânkhès le Jeu 21 Sep - 16:56, édité 3 fois
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Elina Stravinski avatar
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MessageSujet: Re: Ballade insomniaque ✞ (Feat Elina)   Mer 15 Juin - 0:32





A shadow in the night~



"Le confort d’un lit, c’est étrange, combien de temps que je n’avais pas dormi confortablement et l’esprit vide de toute crainte ? », se dit-elle, étalant tout son corps chétif sur la longueur du matelas moelleux de la chambre. Le plafond blanc, les murs de la même couleur, on ne peut pas dire que la pièce respirait la vie, mais au moins c’était la sienne. « De toute manière ce ne sera jamais pire que quand j’étais en Ukraine, hahahaha » riait-elle, heureuse et à la fois pensive d’un passé lointain qui ne la concernait plus. La jeune fille se rappelait les mulots et les insectes parcourant les murs de la chambre de ses frères et sœurs, il lui arrivait même de sentir des courants d’airs entre les fissures, mis en valeur par la tapisserie délavée, moisie et déchirée.
Dans un soupir, elle murmura « je n’ai plus à me soucier de tout cela dorénavant », l’avantage de l’enfer, c’est qu’elle n’y avait jamais croisé de rat ou de rongeurs répugnants. Ce ne sont pas de fiers compagnons et on ne peut pas dire qu’Elina les regrettait.

Se levant de son lit, la belle enfant se dirigea vers sa commode ou se trouvait posé un miroir. Un miroir ! Depuis combien de temps ne s’était-elle pas regardé dans une glace ? Elina s’observa quelques instants, les lignes de son visage si fin, sa peau si fine et si blanche, ses grands yeux bleus envoutants… L’enfant fixait son reflet avec intensité, attendant à chaque instant que cette autre elle prenne vie et se mette à bouger sans son accord, comme si l’image que lui renvoyait le miroir n’était qu’un mensonge osé, une blague de mauvais goût. Durant toute ses années passées en enfer, l’ukrainienne ne se rendit pas compte du temps qui passa, et encore moins que son apparence ne changeait guère, pas d’un millimètre, ni ride, ni vieillissement, une immortalité ironique, une malédiction vicieuse.

Elina finit par s’adresser un sourire discret puis franc à son propre reflet, « pourquoi m’apitoyer, l’apparence n’est qu’une coquille vide », puis se recoiffant rapidement d’une natte, elle quitta sa chambre et la maison d’Asha, accompagnait de son fidèle journal.

***

Dehors, le soleil débutait sa lente descente à l’horizon, les bâtiments étirant leurs ombres dans des dimensions gargantuesques. Même l’ombre d’Elina ne lui paraissait plus si petite, et cela lui plaisait « me voilà grande finalement », elle se sentait d’humeur joueuse ce soir, un sentiment rare, mais elle la sentait, la confiance qui reprenait en son for intérieur, comme ce fameux jour où elle quitta le domicile de ses parents pour partir loin de la misère.
Avant de continuer son chemin, la jeune fille se retourna, jetant un dernier coup d’œil à la maison de la rousse aux cheveux de feux, « je n’aurais jamais espérer vivre dans une si belle demeure, mais ne t’inquiète pas, Asha, tout se paye et tout se rend ».

Un sourire discret aux lèvres, un sentiment de quasi extase et de résurgence s’emparait de son corps, comme un doux feu dans les veines. L’innocente enfant se demandait, ou pouvait-elle se rendre ?
Evidemment, Elina éviterait les recoins sordide ou dangereux, toute ses années elle put éviter la plupart des pires ennuis, et avait même acquit des itinéraires relativement sûrs ainsi qu’un listing des bâtiments vides ou abandonnés, c’était souvent bien mieux que dormir à la belle étoile. Surtout par les nuits froides d’hiver, qui lui rappelait que trop sa vie mortelle de mendiante.

Heureusement, les soirs se faisait doux et les nuits agréables en cette saison, même à celui qui se revêtait légèrement. Puis c’était doublement l’occasion de sortir, sa robe put enfin être lavé et elle se sentait propre, quelle sensation que d’avoir de l’eau (chaude !) coulait sur son corps.
Sur le chemin qui l’amenait à sa destination traversant avec une certaine aisance les quartiers, elle réfléchissait aux objets curieux qu’elle avait trouvé dans la maison.

Bien sûr, Elina était au courant des nouvelles « technologies », mais certaines demeuraient un mystère encore, dans leur fonction et leur utilité. Notamment l’ordinateur restait quelque chose d’assez abstrait dans son esprit comparé aux restes, qui lui paraissait plutôt simple à comprendre, elle n’avait pas vraiment eu l’occasion de s’en servir et personne n’avait jamais pris l’occasion de lui expliquer en quoi cela pouvait bien être utile.

La télé c’était simple, le téléphone aussi, ils avaient un objectif : communiquer, mais l’ordinateur ?
L’enfant se perdait en divagation, riant doucement parfois de sa méconnaissance ou de choses futiles. Elle ne disait rien, mais le visage sérieux d’Asha et sa froideur créait parfois une envie irrépressible de rire, il n’y avait pourtant rien de comique chez cette femme et même parfois elle l’effrayait un peu (qu’y avait-il au deuxième étage ? Cela lui rappelait l’histoire de barbe bleue et de la porte qu’il ne fallait jamais ouvrir, cacherait-elle des cadavres de jeunes filles ?).

« Enfin arrivé ! ». Une grande église se dessinait, le soleil était descendu sous l’horizon se reposait de sa journée, donnant le relais à une lune éclairant faiblement, accompagné de quelques lampadaires au loin.
« Bon je n’ai qu’à escaladé cette palissade de pierre, ce ne sera pas trop compliqué », Elina s’exécuta et se dirigea vers le bâtiment abandonné, à travers quelques herbes hautes qui s’effaçait à l’approche de l’entrée.
« Tu m’as manqué vieille bâtisse », aussi étrange que cela paraisse, une église existait en enfer, s’il y avait beaucoup d’ironie en enfer, celle-ci était probablement la plus grosse blague qu’Elina avait jamais pu voir. La belle ne croyait à aucune religion, mais elle comprit rapidement pourquoi le bâtiment était vide et délaissé, « à quoi sert de prier dieu quand il vous a interdit le paradis ? ».

Au loin, un passant vit une ombre poussait la porte grinçante de la vieille église et se faufilait à l’intérieur, « encore un dingue qui croit à la rédemption ».

***

La poupée de porcelaine se mouvait avec respect malgré tout, illuminé par la lune au travers des vitraux, dans ce lieu sensé représentait la puissance de dieu « sur terre ». L’atmosphère des cathédrales l’avait toujours accompagné d’une sensation indescriptible, de sérénité et à la fois d’un jugement, un poids sur les épaules comme des mains s’appuyant et vous accompagnant dans les lieux. Mais ce n’était pas le cas ici, car dieu a abandonné ce monde, dieu ne peut plus rien pour les déchets qui vivent sur ces terres infernales.
Ce qui la fascinait par-dessus tout, ce sont les écrits laissés dans les cahiers, une sorte de livre d’or laissé à la vue et à la portée de tous. Quand l’enfant perdait espoir, Elina se rendait furtivement dans les églises pour y lire ces cahiers, riches d’histoires, d’émotions, de vies, de désespoir, lorsque tout espoir semble perdu et que même les plus forts et les plus athées se tournent vers le seigneur.
Ce lieu la rendait nostalgique, et elle s’y sentait sereine, néanmoins ce n’est pas là sa destination finale.
Sortant par une porte dérobée de la cathédrale, l’ukrainienne se dirigea vers une bâtisse plus énigmatique dans un recoin sombre du quartier, un bâtiment que de nombreuses fois elle ne vit pas, comme invisible à ceux qui ne prenne pas le temps de voir.

Escaladant de nouveaux les maigres protections de la demeure, Elina pénétra furtivement la charmante maison, bien qu’elle trouvait la résidence d’Asha fort agréable, celle-ci dépassait de loin tout ce qu’elle imaginait. Se souvenant avoir repéré un chandelier la dernière fois et quelques allumettes, elle s’empressa d’éclairer l’endroit qui était sombre. Elle n’avait jamais prix le réflexe d’allumer la lumière avec l’interrupteur et puis ce n’était pas discret quand on cherchait à éviter les ennuis, ainsi la lueur des bougies, réconfortantes et chaleureuses, lui fournissait toute la lumière nécessaire depuis toujours. Mais la jeune fille devait admettre que les ampoules n’était pas du luxe, surtout à la nuit tombée et lorsque le sommeil ne venait pas. Combien de fois avait-elle dû lire à la force de ses yeux, la bougie à la main, ou à la lumière de la nuit ? Ce n’était pas l’idéal, que ce soit pour lire, ou écrire.

« Le silence est différent ici », pensa-t-elle.

Elina se mit dans un coin, recroquevillé, son journal à la main et un stylo de l’autre, les flammes léchant les murs de la somptueuse pièce. Elle ne savait pas réellement dans quelle pièce elle se trouvait, à côté se trouvait une grande armoire d’un bois d’ébène, devant la porte d’où Elina venait, et à droite un immense piano.

Le temps passa, l'enfant écrivit et écrivit ne voyant pas le temps passait, et fit plusieurs aller et retour dans les différentes pièces, s’émerveillant, sautillant, s’amusant comme une … enfant. Puis fatigué, se résignant à attendre le jour avant de repartir « mon lit peut bien se languir une nuit de plus », elle chercha une chambre à coucher, sans en trouver.

« Bon et bien, le sol est mon ami… » s’enveloppant dans un rideau qui trainait par-là, Elina s’allongea sous l’immense piano, mélangeant un sentiment de bien-être et de tranquillité. Bien sûr n’importe qui ne pouvait rentrer dans la pièce, l’accès en était bloqué avec astuce.

***

« Mmmh, c’est quoi ce bruit ? », peu après son endormissement, des bruits se firent entendre en bas de la résidence, « vers l’entrée » pensa Elina.

Sans panique dans un premier temps, la belle se dévêtu de son cocon de rideau, avec un peu de poussière au passage, tout en veillant à éveiller le moins de soupçon possible. Son premier geste fut de vérifier que son couteau était là, elle ne se séparait jamais de son compagnon, certes dérisoire mais qui pouvait calmer les plus grandes ardeurs.

S’approchant doucement de la porte d’où émanait une faible lueur, puis déplaçant les cales qui étaient en place, elle n’eut plus de doute qu’une personne avait pris ses aises et se moquait d’être vu ou entendu.
La jeune fille était réellement agacée, et hésita à sortir par une des fenêtres, seulement cela serait risqué par la hauteur et elle craignait une blessure à l’atterrissage. A vrai dire à aucun moment Elina n’imaginait qu’un intrus puisse s’introduire ici, la situation lui semblait complexe à résoudre.
De sa position, elle ne percevait pas le hall d’entrée, Elina devait s’approchait de la rambarde de l’escalier, et cela compromettrait vraiment sa présence…

« Tant pis, je n’ai pas le choix, si je ne regarde pas qui est là, cela pourrait s’avérer plus compliqué encore », se mettant à plat ventre et rampant jusqu’à la limite de la rambarde couteau à la main, la lumière du lustre l’éblouissant en parti, l’enfant regarda aussi furtivement que possible l’intrus.

Elina n’en revenait pas. Est-elle en train de rêver ?

Une femme magnifique, aux allures de Dame se trémoussait seule en rythme sur une musique inaudible et avec un partenaire invisible. Ce spectacle était irréel, d’autant plus que la lumière puissante du lustre accentué ce côté fantasmagorique.

Soudainement, les bruits de pas cessèrent, « merde » fut la seule pensée d’Elina. Que faire, se montrer et prendre le risque de tomber sur une malade ? Ou jouer à cache-cache et aggraver la situation ?

- Montrez-vous immédiatement, je sais que vous êtes là.


Trop tard, Elina était pris au piège, cachant son couteau à son emplacement habituel, la poupée se releva et approcha de la rambarde, la peur au ventre, se répétant « si ça se passe mal, cours et saute par la fenêtre ».

- Cela vous arrive souvent d’entrer par effraction chez les gens ? Déclara-t-elle dans un souffle légèrement angoissé, bien qu’imperceptible.

Elina continuait de la tutoyer du haut de la rambarde, elle avait l’attention de son interlocutrice dorénavant.

- Cette maison appartient à un slender, vous feriez mieux de déguerpir avant qu’il n’apprenne que vous êtes ici. Vous ne voudriez pas affronter un de ces être. Tenta-t-elle dans un coup de bluff grossier.

- Et si vous vous questionnez sur ma présence, c’est simplement que j’ai la charge de veiller au bon ordre sur sa demande, si vous ne voulez pas de problème partez. Maintenant.

La tentative d’intimidation semblait veine aux yeux d’Elina, c’était le tout pour le tout. Cette femme semblait raisonnable aux premiers abords, son retrait semblait tout à fait probable.

« Je t’en supplie ne te pose pas de question et va voir ailleurs si j’y suis ! »





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Haânkhès avatar
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MessageSujet: Re: Ballade insomniaque ✞ (Feat Elina)   Dim 3 Juil - 18:47

Une…enfant ?!

Les yeux soudain écarquillés et les lèvres légèrement entrouvertes, Haânkhès n’en revenait pas, tandis que Sekhmet éclatait de rire à la vue de la gamine.

Une gosse ! J’y crois pas, le dessert de la soirée sur un plateau d’argent !

Elle avait eu vent de l’existence de la petite dans ce lieu macabre, Eve lui ayant déjà parlé de cette fille déambulant dans le quartier de l’Envie, mais la voir en face était nettement différent. Qu’est-ce qu’elle faisait là…dans cette bâtisse, à cette heure de la nuit…et même dans ce monde ?

- Cela vous arrive souvent d’entrer par effraction chez les gens ?

Plaît-il ? Chez…les gens ? Mais quels gens ? La demeure était vide depuis qu’Haka vivait parmi les damnés, et personne n’y avait jamais habité à sa connaissance.

- Cette maison appartient à un slender, vous feriez mieux de déguerpir avant qu’il n’apprenne que vous êtes ici. Vous ne voudriez pas affronter un de ces êtres.
- Et si vous vous questionnez sur ma présence, c’est simplement que j’ai la charge de veiller au bon ordre sur sa demande, si vous ne voulez pas de problème partez. Maintenant.


Les ricanements de Sekhmet devinrent horriblement contagieux et la jeune femme éclata de rire sans pouvoir se retenir. C’était surréaliste, et mignon. Un coup de bluff plutôt osé, quel dommage que l’égyptienne sente l’odeur de la peur transpirer par tous ses pores, et ses jambes frêles trembler sous sa robe.
Son rire semblait avoir tétanisé la fillette. Haânkhès se calma petit à petit, se raclant la gorge pour s’éclaircir la voix, un sourire suffisant aux lèvres.

« - Bien tenté, petite. Néanmoins, je pense vivre dans ce monde depuis plus longtemps que toi et je puis t’assurer qu’aucun Slender ne vit dans cette demeure. Narcisse ne vivrait pas dans ce lieu en ruine, pas assez digne de lui. Et je doute que ces ‘êtres’, comme tu les appelles, confiraient la garde de leur maison à quelqu’un comme toi, tu n’es pas le plus impressionnant des chiens de garde qu’il m’ait été donné de voir. »

Elle détailla la jeune fille. Peau pâle, presque blafarde. Chétive et famélique. Un visage fin et des yeux bleus livides. Une chevelure blonde tirant sur le blanc par endroit ; pas de doute, elle devait venir d’Europe de l’Est.
Et…oh, surprise, un petit poignard affuté, maladroitement dissimulé sous ses atours.
Le sourire d’Haka s’élargit en apercevant ce détail.

C’est trop mimi…allez, on en fera qu’une bouchée ! La cerise sur le gâteau !
Espèce de sadique. Et c’est hors de question, c’est une enfant !
Justement, j’en ai marre de me contenter de vieilles semelles rêches, rassies et filandreuses. Que ne donnerais-je pas pour déguster sa chair tendre, lécher sa peau sucrée avant d’y planter délicatement mes crocs pour m’enivrer de son sang et de ses arômes…


Interrompant Sekhmet dans ses rêveries carnassières, elle reprit :

« - Tu es méfiante. Je comprends, tu fais bien. Garde toujours précieusement ce couteau avec toi. Je doute que tu puisses tuer qui que ce soit avec, de toute façon ici c’est impossible, mais au moins il te permettra de gagner du temps pour t’enfuir. Pense à viser les jambes, le genou étant l’idéal et facilement accessible pour toi vu ta taille. »

Tu lui donnes des cours de self défense maintenant ?
La ferme.

« - Tu peux descendre, je ne te ferai pas de mal. »

T’as jamais été aussi convaincante. Et parle pour toi…
La ferme j’ai dit !


La petite ne répondait pas et ne bougeait pas non plus. Rien de surprenant. Mais elle avait indubitablement éveillée la curiosité de l’égyptienne, il fallait donc la détendre, au moins un peu, pour qu’elle parle.
Lentement, sans quitter l’enfant des yeux, Haka s’assit en tailleur sur le sol, diminuant ainsi son aspect menaçant. Elle tenta, d’une voix douce :

« - Mon nom est Haânkhès, et toi ? »

Bienvenue au cercle des paumées insomniaques !
Mais tu vas la fermer ?!

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Elina Stravinski avatar
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MessageSujet: Re: Ballade insomniaque ✞ (Feat Elina)   Ven 8 Juil - 23:07





Affinity~




- J’ai lu ça quelque part dans un livre, ou je ne sais plus si cela n’était pas dans une des séries bizarres qui passent à la télé… Mais nous sommes comme qui dirait dans une impasse mexicaine.

Elina savait que la femme, qui se nommait Haânkhès, avait facilement découvert la supercherie. Cela devait faire longtemps que celle-ci errait en enfer, probablement autant, si ce n’est beaucoup plus que la blondinette. Pas du tout intimidé par ses propos, elle respira un bon coup et la regarda droit dans les yeux, pour jauger son niveau d’honnêteté alors qu’elle fixait la jeune fille.

- Je n’ai en aucun cas besoin de vos conseils, Haânkhès, sur comment me protéger, et encore moins d’une inconnue qui n’a rien à faire dans ces lieux. Je le concède, je n’ai pas plus ma place ici que vous ne l’avez, alors soyons en bonne intelligence et je vais descendre lentement les escaliers.

Sans précipitation, la fillette se dirigea vers les marches, sans quitter du regard sa belle ennemi. Elle poursuivit d’abord doucement, puis dans un ton plus menaçant :

- D’accord, vous avez vu mon couteau sous ma jupe, vous avez l’œil averti, mais ce n’est pas parce que vous l’avez-vu, que vous aurez la force et l’agilité de me le prendre avant que je ne m’en serve. Et entre nous, je préfère viser les yeux et la carotide.

Ce numéro avait bien sûr pour but de placer Haânkhès en position de méfiance, l’ukrainienne observait la femme aux cheveux de geais, et à son attitude qui semblait pour le moins sereine. Mais était-ce vraiment le cas ? « Ne crois pas que je vais gentiment me laisser faire alors que tu prends des airs mielleux. Tu te crois supérieur n’est-ce pas ? Tu transpires l’assurance mal placé », pensa-t-elle, une main crispée sur son journal, une autre près de sa jarretière où se trouvait son couteau.
Continuant sa lente descente, elle en était à mi-chemin et entamée la moitié restante.

- Comment dire... Tu ne veux pas me faire de mal… C’est marrant, parce que je ne te crois pas. Tout comme tu ne m’as pas cru tout à l’heure. Tu aurais pu simplement dire « D’accord, je pars sur le champ » si tu avais été bienveillante. Enfin, rien ne t’aurait empêché de guetter ma sortie et de me piéger. Mais tu ne l’as pas fait.

Elina s’arrêta un instant, pensive, regardant un moment Haânkhès plus intensément, une jambe en suspend entre deux marches. Puis posant son pied et reprenant la descente :

- Ce n’est pas ta position en tailleur qui va me rassurer, mais au moins cela me donne l’assurance que je pourrais atteindre la porte avant que tu n’aies le temps de te relever, je te l’accorde.

Cette dernière idée lui plaisait, rien ne lui garantissait que la femme ne se lancerait pas à sa poursuite une fois qu’elle aurait franchi le seuil. Il n’empêche pas qu’aussi infime soit-elle, la chance de pouvoir s’enfuir de cette situation désagréable lui fit quitter du regard Haânkhès un instant pour observer la porte.

- Tu voulais savoir mon prénom ? C’est Alyona. Mentit-elle sans sourciller, droit dans ses yeux bleus pâles et quelques peu plaisants.

Enfin arrivait en bas des marches, Elina voyait l’inconnue de bien plus près et cela ne lui fit pas le même effet. Seul quelques mètres les séparaient à présent, et une curieuse sensation envahit Elina. Une envie de la connaître d’avantage, ce n’était pas simplement son physique, ou ses habits qui étaient somptueux… C’était plus que cela et elle ne pouvait l’expliquer.

- Si j’essaye de m’enfuir, qu’allez-vous faire ? Confia-t-elle dans un soupir, l’idée de s’échapper lui paraissant de plus en plus une mauvaise et la tentation d’en savoir d’avantage envahissait ses pensées.





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Haânkhès avatar
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MessageSujet: Re: Ballade insomniaque ✞ (Feat Elina)   Sam 16 Juil - 0:04

- Je n’ai en aucun cas besoin de vos conseils, Haânkhès, sur comment me protéger, et encore moins d’une inconnue qui n’a rien à faire dans ces lieux. Je le concède, je n’ai pas plus ma place ici que vous ne l’avez, alors soyons en bonne intelligence et je vais descendre lentement les escaliers.

Un sourire naissait doucement sur les lèvres d’Haka, tandis que son regard s’illuminait. La petite était joueuse et provocatrice, elle adorait cela. Ne disant mots, elle la contempla s’avancer vers l’escalier, avec une curiosité et un amusement non dissimulés.

- D’accord, vous avez vu mon couteau sous ma jupe, vous avez l’œil averti, mais ce n’est pas parce que vous l’avez-vu, que vous aurez la force et l’agilité de me le prendre avant que je ne m’en serve. Et entre nous, je préfère viser les yeux et la carotide.

De mieux en mieux…

Une menace ouverte et assumée avec la naïveté touchante de celles qui n’ont pas combattu toute leur « vie ». C’en était presque attendrissant…et terriblement excitant pour les instincts bestiaux de Sekhmet.
Hormis son sourire qui s’élargissait au fur et à mesure que l’enfant foulait délicatement les marches de la demeure, Haka n’avait pas changé de posture ni même d’expression : sereine et avenante. Il ne fallait pas l’arrêter en si bon chemin.

- Comment dire... Tu ne veux pas me faire de mal… C’est marrant, parce que je ne te crois pas. Tout comme tu ne m’as pas cru tout à l’heure. Tu aurais pu simplement dire « D’accord, je pars sur le champ » si tu avais été bienveillante. Enfin, rien ne t’aurait empêché de guetter ma sortie et de me piéger. Mais tu ne l’as pas fait.

Ah ? Tu me tutoies maintenant ?
Elle nous tend une perche avec son piège, j’en aurais presque des idées…
Non Sek, laisse-la venir.


Elina s’était arrêtée, fixant intensément l’égyptienne, soutenant son regard acéré sans sourciller. Haânkhès retint son souffle, il ne fallait pas qu’elle s’arrête de descendre.

- Ce n’est pas ta position en tailleur qui va me rassurer, mais au moins cela me donne l’assurance que je pourrais atteindre la porte avant que tu n’aies le temps de te relever, je te l’accorde.

Han, elle est trop mignonne…eh dis, on l’adopte en animal de compagnie ?
T’as fini de dire des bêtises…mais je dois avouer qu’elle est outrageusement naïve. Et mignonne, je te le concède.

Elle avait repris sa marche, et quitta un instant les prunelles de la jeune femme, pour se tourner vers la porte. Un frisson parcourut l’échine d’Haka, tandis qu’elle entendait son cœur tambouriner au rythme des assauts d’adrénaline : elle avait baissé sa garde en quittant l’ennemie des yeux. Quelle erreur. L’envie de bondir sur la blonde dévorait la lionne, mais Haânkhès réussit à ne pas laisser transparaitre le trouble qui la gagnait, et à rester en place.

Ne sois pas bête petite, ne réveille pas Sekhmet… s’inquiéta-t-elle soudain, sentant Sekhmet s’agiter de plus en plus.

- Tu voulais savoir mon prénom ? C’est Alyona.

Joli prénom. Mais tu mens, je le sens.
Un point pour elle, elle est méfiante, et à juste titre.


Ses yeux revinrent s’ancrer dans ceux de l’égyptienne.
Et quels jolis petits yeux : délavés par ces années en Enfers, portes grandes ouvertes sur son âme à jamais damnée. Une âme fière et méfiante, respectable. Envieuse aussi, chacun ses tares.
La jeune femme ne voulait en aucun cas décrocher ses pupilles de cette vision, totalement obnubilée par cette enfant.

Regarde-moi, regarde-moi bien droit dans les yeux…comprends-tu à qui tu as affaire ?

La petite était maintenant en bas de l’escalier. Haka la fixait intensément, totalement immobile et le souffle coupé. Son sang circulant toujours à vive allure dans ses tempes, elle savourait les silences instaurés par son interlocutrice, qui laissait chacune de ses phrases en suspens, donnant tout le loisir aux jeunes femmes de se jauger du regard.
Ces silences chargés de sous-entendus et de menaces lui procuraient une véritable jouissance inaudible et privilégiée d’une prédatrice aux aguets. Elle entendait presque sa respiration saccadée, son pouls légèrement affolé et sentait l’hésitation gagner Elina, malgré un visage fermé et calme comme une poupée figée dans le temps.
La chasse promettait d’être grandiose.

- Si j’essaye de m’enfuir, qu’allez-vous faire ?

Ces quelques mots avaient sonné comme une délivrance pour Sekhmet.
Les chaînes étaient brisées, la raison anéantie, et la cage aux lions ouverte.
Ses pupilles se réduisirent soudain à l’état de fente, tandis que ses mains se crispaient sur ses genoux, un sourire malsain fendant son visage de part en part. Haka n’avait plus aucun contrôle.

Fuis…pauvre folle…

Sans quitter l’enfant des yeux, l’égyptienne se leva doucement de toute sa hauteur, d’ordinaire peu intimidante étant plus petite que la majorité de ses adversaires, mais qui suffirait dans la situation présente.
Quelques mètres séparaient encore les deux femmes.
Rage contenue, elle avança d’un pas vers Elina.

« - Je constate que tu repasses au vouvoiement. C’est bien, tu as peut-être compris qu’un minimum de politesse est exigé quand on s’adresse à une inconnue. » lança-t-elle, la toisant.

La blonde déglutit légèrement, ce qui n’échappa pas à Sekhmet, les muscles tendus et tout le corps en alerte pour s’enfuir. Cette idée ne faisait qu’exciter davantage la déesse.
Elle fit un autre pas en avant puis s’arrêta, le jeu ne faisait que commencer.

« - Ma chère Alyona, ou quel que soit ton vrai prénom, tu es méfiante. Et ce n’est pas une question. Tu es naïve, c’est également une affirmation. Sache ma petite, que j’ai la capacité de me lever et de t’attraper avant que tu n’aies le temps d’entrouvrir tes délicates lèvres pour émettre un son. Or, puisque tu aimes coller aux faits, je ne t’ai pas bondi dessus, ni même menacé, à l’inverse de toi. As-tu peur ? Oui, indéniablement. Me penses-tu malveillante ? Il semblerait que oui, bien que j’ai, jusqu’à maintenant, fait mon possible pour me montrer avenante. Tu es une fille intelligente, c’est appréciable. Tu sais donc comme moi que si j’avais voulu te faire du mal, j’en aurais déjà eu l’opportunité. Pour la simple et bonne raison que je suis maintenant à moins 30cm de toi. »

Tout en parlant, Sekhmet avait maintenu le regard de l’enfant, l’obligeant ainsi à détourner son attention des autres mouvements de la jeune femme, qui en avait profité pour s’approcher le plus lentement possible. Elina devait à présent lever la tête pour croiser les yeux hypnotiques de la lionne. Elle était prise au piège. Impossible de faire le moindre mouvement brusque sans qu’Haânkhès ne l’attrape à coups sûrs, et l’aura dangereuse de son interlocutrice la clouait littéralement au sol. Le souffle court et le cerveau en ébullition, elle ne bougeait pas d’un poil.

De son côté, la déesse était survoltée. Elle était si près…elle pouvait sentir l’odeur sucrée de sa peau si jeune, imaginer le goût exquis de son sang couler entres ses crocs, lire la terreur dans ses yeux d’ordinaire si inexpressifs... Elle jubilait. Il lui suffirait d’un geste pour assouvir la soif de violence qui lui tiraillait les entrailles.
Mais le jeu n’était pas terminé… Tout bon félin se devant de torturer sa nourriture, elle choisit de diminuer la tension palpable qu’elle avait instaurée.
Elle fit soudain volte-face, libérant l’enfant de son envoûtement, puis s’éloigna d’elle à vives enjambées, la tête haute et les mouvements amples, pour retourner au centre de la salle, tout en articulant d’une voix forte presque théâtrale :

« - Qu’est-ce que je vais te faire si tu t’enfuis, et bien à toi de me le dire. Tu as eu le temps de te faire un avis sur moi, et donc d’envisager ce qui pourrait se passer. Vais-je rester planter là pour avoir la paix et retourner danser ? Ou au contraire, vais-je te prendre en chasse, et si oui pour quelles raisons ? À toi de trancher. »

Elle se retourna vivement, croisant les bras, un sourire narquois sur les lèvres, scrutant la jeune fille de ses deux fentes. D’un ton provocateur, elle assena cette phrase qui sonna comme le glas du temps de réflexion.

« - Alors vas-y, essaie. »
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Ballade insomniaque ✞ (Feat Elina)

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