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 Défiance. (RP libre)

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MessageSujet: Défiance. (RP libre)   Ven 24 Juin - 17:11


Le Bloody Mary lui corse le bout de la langue et ravive la chair de ses joues. La goulée lui rappelle Florence visitée enfant, souvenir ennuyant qu'il chasse d'une morsure infligée volontairement à sa lèvre. Tabasco, vodka, jus de tomate, une raclure de noix poivrées et la délicatesse d'une courbe architecturale typique de la Renaissance; le tout lui monte aux papilles, c'était son premier Bloody Mary à l'époque. Et son premier déclencheur de curiosité morbide, sûrement. L'histoire qui se cache derrière ce grand verre aux allures de sang avait réussi à glacer le sien -à cette remémoration sensitive, il suçote un glaçon flottant au milieu de la surface rouge -, rien de tel l'avait attiré auparavant. l'Italie est le berceau de sa perte et son effluve maladive, elle est aussi le seul pays foulé de ses pieds, autre que ses états-unis natals, voire même de la Louisiane. Il connaissait du monde quelques souvenirs d'Ano et ses barques traditionnelles, puis, comme une évidence, sa très fière Nouvelle Orléans. Mardi gras approche, là haut, et il se sent plus triste de rater les festivités, ce qui lui est inédit, que sentimental vis-à-vis de sa propre pseudonyme mort. La charge qu'il ressent aux extrémités de ses doigts s'étale contre le verre, le serre. Finalement, ses muscles se relâchent, ses paupières irisées papillonnent de fatigue et son poignet prend fonction de retient-tête.

“Un autre, tu veux bien.”

Sa présence, ici, il la vivait comme un défi de tout moment. Aucun moyen de gagner une certaine tranquillité et vous savez quoi, c'est assez logique dans un endroit qu'on appelle Enfer. Rictus amusé, sa main lourde empoigne le nouveau verre et jauge la rougeur de l'alcool. Il n'a jamais goûté une recette aussi alléchante et il se sentirait aucunement étonné si on lui annoncait que l'ingrédient secret était quelques gouttes sanguinaires.

“Dis-moi, tu bosses ici depuis combien de temps ? Ils t'y obligent, c'est ça, hm ? Ou on te graisse la patte ? Allez, fais pas ta pute, dis-moi tout.”

Abel penche son visage plus en avant, afin de pouvoir parler à voix basse contre l'oreille du barman, sans que la discussion soit prise de court par quelqu'un d'autre. Son sourcil se lève, il jette un coup d'oeil accusateur derrière son épaule.

“Il y a un type hyper glauque qui me veut quelque chose. Je crois. Non, je suis sûr. Depuis tout à l'heure il me fixe, je le sens contre mon dos. Tu connais son nom ?”

Un reniflement plus tard, le basané s'envoie une gorgée et adresse une tape amicale à l'employé.

“Je comprendrais si tu ne veux rien dire, là, tout de suite. Il y a tes potes, à côté, tu ne veux pas qu'on te la fasse à l'envers ? Bonne idée.”

Il balaie du regard la même silhouette dans le fond du pub, remonte ses lunettes sur son nez du majeur, un peu grimaçant.


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MessageSujet: Re: Défiance. (RP libre)   Sam 25 Juin - 12:49


Pour the bloody whisky, honey



Dans le fin fond du quartier cinq, au dernier étage du bâtiment le plus haut, le maître des lieux ouvre les yeux doucement. Il se réveille à contre cœur, bien qu'un sourire léger s'installe sur ses lèvres ; une sensation étrange l'avait saisi dans son sommeil et, bien qu'il n'avait pas de mot à mettre dessus, une certaine sérénité l'anime. Il ne sait pas quelle heure il est, ni même la date du jour. Combien de temps avait-il dormi ? Mystère. Les soupirs des âmes de son royaume avaient favorisé sa longue sieste. Quelle douce berceuse... La plus belle qu'on lui ait jamais chantée. À chaque fois, la mélodie des corps qui se laissent tomber dans une douce torpeur, les paupières qui tombent et l'opium qui se diffuse dans toute la maisonnée, apaisaient l'albinos qui se laissait également aller au plaisir simple du sommeil.
Tel un chat, le Dormeur s'étire, de ses orteils nus à ses longs doigts qui viennent pianoter l'air frais de la pièce. Il se lève de son bureau d'ébène, marcher lui fait bizarre... Il devait dormir depuis un long moment. Ses pieds pâles foulent le parquet dans de petits nuages de poussière en direction de la salle-de-bain. On dirait un fils d'Éole qui décide de partir en voyage chez l'un de ses oncles lointains et maritime. Il se prépare, s'habille dans des affaires moins poussiéreuses, avant de faire tourner sur ses gonds, dans un grincement lent, la porte qui le sépare de la Société. Son secrétaire, toujours fidèle à son poste, lui jette un regard sans relever la tête de ses factures. Caliban l'ignore volontairement. Ses chaussures en cuir caressent les marches qui grincent sous son poids, et il sort sur le perron du Dirty. Il y reste quelques minutes, ses yeux balayant les rues entassées de babioles en tous genres et de toutes tailles. Il allume une cigarette de sa composition, prend le temps qu'il faut pour la savourer ; la fumée qui s'échappe de ses lèvres fines s'envole vers le ciel couvert, oiseaux majestueux récupérant leur liberté, issus de son Passé. Une dernière taffe, le mégot qui heurte la pierre défoncée par les pieds traînant les corps avides d'échappatoire, la semelle de sa chaussure écrasant le résidu de son instant nostalgique, et le Dormeur se dissous dans un nuage bleuâtre.

Une brume bleue réapparue à l'une des frontières de son quartier. L'homme se matérialise à mesure qu'il traverse la ligne séparant les Paresseux des Orgueilleux. Le dos droit et une main dans l'une des poches de son pantalon à pinces, il déambule dans le quartier de Narcisse, en se rappelant le pari débile qu'il avait fait avec Virgile au détour de la bière de trop. Il sourit, et songe à une nouvelle idée pour faire craquer le Gourou de ceux qui ont pour habitude de ne pas se prendre pour de la merde. Tous les moyens étaient bons pour provoquer le blond qui démarrait parfois au quart de tour, au grand plaisir du Conteur et du Dormeur. Caliban continue d'errer à travers les rues trop propres de la zone. Il n'a pas vraiment rendez-vous quelque part et allez savoir pourquoi, l'homme le plus paresseux des Enfers avait ressenti le besoin de sortir et de marcher. De son propre chef. Si Eve le croisait au détour d'un commerce, elle lui rirait probablement au nez en lui demandant ce qui l'avait amené à se séparer de son quartier miteux en faveur de la beauté et de l'exubérance du domaine des Envieux.

C'est ainsi que, tout naturellement, l'albinos pousse la porte d'un lieu qu'il a l'habitude de fréquenter. Seul, ou accompagné de ses acolytes de toujours, le General Humbert's était son deuxième Q.G. Bien connu du lieu, il adresse au barman un signe de tête en allant s'asseoir sur les banquettes propres de l'espace réservé au trio qu'il formait avec Eve et Virgile. Le barman le questionne du regard avant de lui servir le meilleur de son whisky irlandais ; une serveuse probablement en essai, la jupe courte et le décolleté généreux, se penche en avant pour déposer le verre sur une serviette au nom de l'établissement, le tout dans un regard charmeur et un sourire aimable. Le Chef lui rend son sourire dans un remerciement poli, puis pose son dos contre le dossier, passe sa jambe par-dessus l'autre et regarde avec intérêt le peu de clients qu'il y avait dans le bar.
Il remarque alors un homme brun à la peau foncée, penché sur le comptoir. Ses lèvres s'agitent à l'oreille de l'employé qui essuyait ses verres avec un air neutre. Le Dormeur s'allume une nouvelle cigarette tout en regardant la scène. Cette âme, il ne l'avait jamais vue auparavant. Qui était cet homme, que faisait-il et pourquoi persistait-il à questionner le personnel en regardant autour de lui trop souvent ? Il intrigue Caliban dont le regard ne quitte pas les gestes familiers de l'homme envers le barman qui restait très professionnel ; d'ailleurs, le Chef note dans un coin de sa tête que cet employé mérite un petit quelque chose et qu'il devait en faire part à Adam.
Puis soudain, l'homme jette un regard en sa direction. Ses petits yeux, dissimulés derrière des lunettes fines, trahissent un agacement certain. Manifestement, il avait compris que sa discrétion trop sommaire avait été repérée. Caliban croise le regard interrogateur du barman. Il pose l'arrière de sa tête contre le mur, étend son bras le long du dossier de la banquette et tire une latte sur son bâton de nicotine. La posture de son corps, ouverte, montre que le barman peut répondre à la question de son client sans risquer une remontrance de la part de ses supérieurs. « C'est le Boss du quartier de la Paresse, Caliban. » Lisant sur ses lèvres, l'intéressé laisse échapper un sourire derrière une brume légère. Ses lèvres s'étirent d'autant plus lorsque le client tourne sa tête vers lui en repositionnant sa monture un peu plus haut sur son nez dans une grimace charmante. Il se penche sur la table basse, soulève son verre en direction du basané avant de boire une gorgée du délicieux nectar irlandais. Il repose son verre sur la serviette, pointe le bout de sa cigarette vers l'homme en fixant le barman qui refait un Bloody Mary qu'il dépose sur le comptoir. « De la part de Caliban. »
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MessageSujet: Re: Défiance. (RP libre)   Sam 25 Juin - 14:22



Le prénom annoncé est modelé plusieurs fois dans les limbes de sa cervelle, il lui évoque tout d'abord un groupe de metal qu'il affectionne, puis, plus classiquement, la littérature anglaise.

“Je me demande si c'est une bonne chose d'être le boss du quartier de la paresse.”

Son corps est en biais sur le tabouret, de façon à être en connexion avec toute la salle. Un petit rire le prend, dévoilant des dents plutôt bien ordonnées, malgré un écart entre ses deux incisives. Charmant ou pas, dents du bonheur mon cul, comme il dit.

“Être ici est de base pas une bonne chose. Donc bon, avoir un taf un peu moins crasseux qu'un autre, la différence est aveugle.”

Il avale d'une traite le liquide pourpre, essuie le rouge agrippé à la commissure de ses lèvres d'un coup de langue affûté. Il lève aussi son verre pour le remercier, tout en le fixant, histoire de le mettre mal à l'aise. Abel est assez doué pour ça. Au bout de quelques minutes, le brunet abandonne le pauvre barman et se dirige vers l'arrière décor du bar, d'un pas volontairement lent et d'une démarche qui lui est typiquement reconnaissable: les pieds embrassant le sol, à peine surlélevés, une main vacante au bord de sa poche et un manque de soutenu flagrant. Arrivé à destination, sans un mot, il se laisse tomber à côté du gars, allonge son bras contre le dossier, cuisses écartées, et pose son verre à demi-vide face à un fond de whiskey. Toujours muet comme une tombe, il peut dès à présent étudier les détails physiques de l'individu. Une peau opaline – la blancheur semble très présente chez lui-, des traits faciaux qui se veulent beaux, une poitrine timidement découverte et une odeur sucrée – il s'agit en fait de la première chose qu'Abel ait remarqué. Deux doigts désinvoltes lui chope sa clope, tenu comme s'il s'agissait d'un gros pétard, les crépitements sont nets à travers le fond sonore, Abel glisse le bâtonnet au bord de la bouche pêche de son futur interlocuteur.

“Je ne kiffe pas trop qu'on me matte comme ça, évite la prochaine fois.”

Une brume s'installe entre les deux silhouettes, un rapide sourire s'éttire sur son visage.



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MessageSujet: Re: Défiance. (RP libre)   Sam 25 Juin - 16:41


Pour the bloody whisky, honey



Les autres clients n'ont plus aucun intérêt. Ceux qui entrent frais comme des gardons, ceux qui sortent ronds comme des queues de pelles. Que ce soit celui qui s'agrippe tant bien que mal au comptoir en balbutiant une énième commande de houblon, la serveuse qui roule ses hanches et qui bombe ses seins lorsqu'elle passe devant lui ou encore le couple qui frôle l’indécence à chaque caresse dans un espace semi-privé. Tous ces pions, il n'en a que faire maintenant, il y a une personne qui avait réussi à attiser suffisamment sa curiosité par son air pataud et ses yeux perçants. Selon son accord sourd, le barman assouvit enfin la curiosité du brun, qui devait se lasser de n'avoir de réponses à ses nombreuses questions ; Minos n'avait-il pas fait son travail ? Assis au comptoir, il se tourne de moitié sur son tabouret en cuir, saisissant toute l'importance sociale que représente Caliban. Faut dire que d'ordinaire, les Slenders sortent rarement de leur quartier, bien trop occupés à gérer leurs petites affaires administratives.
L'âme à lunettes balaye la salle du regard, et lui jette de temps à autre des regards interrogateurs. S'il se pensait discret, il avait cruellement tort. Dans sa « vie d'avant », le nouveau ne devait pas être doté d'une grande discrétion... À moins qu'il ne cache son jeu, ce qui ne manqua pas de le séduire en tirant une nouvelle bouffée sur sa cigarette. Le Dormeur regarde son petit cinéma avec délectation, sans mot dire, sans lever sa royale personne pour aller à l'encontre de ce nouvel arrivant. Ses yeux rubis analysent la scène dans un silence qui caractérise en partie ses terres ; ils voient un étonnement infime parcourir le visage du buveur de Bloody Mary. Et il rend à son interlocuteur lointain, un sourire satisfait et intriguant. « Être ici est de base pas une bonne chose. Donc bon, avoir un taf un peu moins crasseux qu'un autre, la différence est aveugle. » Caliban avait tout entendu. Ou plutôt tout lu. Dans sa fainéantise légendaire, il avait appris à lire sur les lèvres. Et depuis son arrivée en Enfer, il s'était perfectionné dans cet art passif et terriblement agaçant pour les autres. Tourné vers lui, le brun ne se cachait pas. Il n'était peut-être pas au courant de sa capacité, ou alors il s'en fichait. Dans les deux cas, la soirée allait être particulièrement intéressante pour Caliban.

Il se saisit une nouvelle fois de son verre où il laisse la gorgée de whisky stagner sur sa langue. Il laisse le liquide se réchauffer au contact de sa bouche, se laisse imprégner par la qualité du nectar. Chaque parcelle est caressée par l'ambre irlandais qu'il avale goutte par goutte. Une méthode peu conventionnelle de boire, mais qui lui permettait de faire durer le plaisir dans une élégance qui lui est propre. Là où sa prochaine « proie » buvait son cocktail avec avidité. Il put voir une gouttelette rouler de la commissure de ses lèvres puis être éradiqué avec violence de la surface de sa peau d'un coup de langue précis. Caliban arqua discrètement un sourcil ; l'homme est brusque, encore un.
Le regard fixe de l'homme ne le met en aucun cas mal à l'aise. Au contraire, il trouve son petit jeu très amusant, et plonge à son tour ses yeux bordeaux dans ceux qui le toisent. La petite scène dura quelques minutes, on aurait pu se croire dans une scène finale d'un western des années 20. La musique traditionnelle irlandaise se fait discrète, et avant que la chanson se termine, le brun quitte le tabouret au cuir vert bouteille et s'avance vers l'espace formellement réservé au trio. Le barman voulu dire quelque chose, l'arrêter, mais le Dormeur l'interrompt d'un geste bref de la main ; la démarche lente et le dos courbé, il veut savoir qui est cette personne.
Peu inquiet de son avenir, l'homme aux lunettes de laisse mollement tomber en face de lui. Les jambes écartées d'une manière très masculine et très vulgaire, complètement avachi sur la banquette, le nouveau venu fait tache dans cet espace où la belle rousse aimait exposer ses courbes voluptueuses et où le Conteur se plaisait à montrer les quatre poils situés sur son torse. À moins que ce ne soit le Chef de Quartier qui, trop bien habillé pour une heure aussi tôt, ne colle pas au cadre. Les deux hommes jouent au même jeu, à dévisager l'autre, à essayer de le cerner d'un regard avant de le coincer au détour d'une belle phrase. Sa cigarette, retenue par ses doigts sur son genou croisé sur son autre jambe, quitte sa prison pour une autre. Sans protester, il le laisse faire, n'hésitant cependant pas à ouvrir délicatement ses lèvres pour y accueillir le bout orangé du bâtonnet blanc, détenu par son interlocuteur. Il prend le temps, laisse la fumée parcourir sa gorge, ses bronches, caresser le contour de ses poumons, avant de l'en faire ressortir avec lenteur, séparant leurs visages d'un fin filtre opaque. Caliban laisse échapper un soupir bref, et penche la tête en arrière. Il aime l'audace dont fait preuve l'homme à lunettes. « Sinon quoi ? », lâche t-il après quelques secondes. Sa main se lève et récupère la cigarette qu'il écrase dans un cendrier amené un peu plus tôt par la serveuse. « Et dit moi, pourquoi être ici n'est pas une bonne chose ? »
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MessageSujet: Re: Défiance. (RP libre)   Dim 26 Juin - 20:49


La désinvolture est un jeu corsé auprès d'Abel, charmant à un certain point, sous des chemins mûrement réfléchis avant d'être empruntés, pour ne pas tomber dans une sorte d'irritement. Et il sait très bien que Caliban en a que faire des effets produits par son comportement.

“Il faut que je te menace pour que tu fasses preuve de décence ?”

Sourcil dressé, aucun détail n'échappe aux carreaux luisants du brun, chaque tissu facial est une enigme à résoudre, et le mouvement du muscle, sa réponse. Il retire ses lunettes, les pose contre ses cuisses puis, avec distance, les astique pour les rendre un peu plus propres. Les mots de Caliban sont laissés en suspend de bonnes minutes, Abel ne semble absolument pas pressé par sa propre absence de réactivité.

“Ça craint. Cet endroit, moi je te le dis, même si je sens que t'en sais pas mal, ce n'est pas ce que tout le monde croit.”

Soudainement il baisse d'un ton, remet la monture sur son nez, sa posture se relâche encore un petit peu, surtout sont port de tête qui s'affaisse contre le dossier. Une mèche corbeau s'accole à un des verres, attirée par l'attraction.

“Je ne sais pas ce qu'on veut de moi, ou peut-être que si, finalement. Dans tous les cas, plutôt crever -réellement-, que me soumettre. Je vais sortir d'ici."


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MessageSujet: Re: Défiance. (RP libre)   Jeu 30 Juin - 15:02


Pour the bloody whisky, honey


En allongeant son bras pour se saisir de son verre et prendre une nouvelle gorgée de whisky, l'esprit de Caliban lui redonna en clair tous les types de personnes auxquelles il avait pu faire face ces dernières décennies. Et autant dire qu'il en avait vu, des loustics. De tous les genres et de tous bords. Des hommes qui se plongent, on ne sait pourquoi, tout d'un coup dans l'hystérie en haussant leur voix de prépubère, les fins de phrases se brisant comme on laisserait tomber un verre en cristal. Des hommes d'apparence apathique dont seul l'appât d'un peu de substance de bonne qualité ou de quelques avantages mineurs motivaient. De rares hommes aussi, qui se laissaient aller aux plaisirs de la chair pour parvenir à leur but. Les femmes avaient bien entendu leur lot de requêtes et n'étaient pas en reste ici-bas. Comme si elles étaient vouées, dès leur naissance, à venir s'établir en Enfer. Et à chaque fois que quelqu'un lui faisait face, le Dormeur observait la même posture, le même comportement. Jambes croisées, le dos droit, les yeux fixes à l'affût du moindre mouvement musculaire qui pourrait faire basculer la conversation en sa faveur.
Si d'apparence, il parait désinvolte, ce n'est que pour mieux cacher ses observations et pousser son interlocuteur à bout. Chose qui semble, pour le moins, bien marcher avec l'homme à lunettes qui s'était vulgairement assis en face de lui. Semblable aux caractéristiques de son quartier, Caliban reste calme, presque trop mou pour honorer son rang. Il n'est pas du genre à abattre ses cartes le premier et pour seule réponse à l'attaque verbale du brun, il sourit, ses yeux commençant à pétiller d'intérêt. « Menace », c'est un bien grand mot pour lui. Combien de fois avait-il été menacé par cette brute d'Attila ? Par les excès d'ivresses d'Eve ? Par on ne sait quelle autre âme lambda qui essayait d'attenter à son marché ? Il est nullement impressionné par Abel. Nullement inquiété par son manque de prestance et son absence d'aura supérieure. Il est juste intrigué. Et puis, l'homme est mal placé pour parler de décence, alors qu'il a les jambes écartées comme un cow-boy ayant fait une longue route sur son cheval, essuyant ses lunettes sales sur un t-shirt qui avait eu son lot de poussière pour la journée. Il en garde son sourire, lui dont la chemise blanche fait écho à ses quelques mèches de pureté perdues dans la noirceur de ses cheveux coiffés en arrière. Ils n'ont rien en commun quant à leur apparence ; contrairement à leur esprit qui ne désire pas faire dans la dentelle plus longtemps.

Le Dormeur repose son verre et, sans quitter les yeux d'Abel, releve la main en direction du barman pour lui demander un nouveau whisky. La liqueur était d'une qualité exquise et ce ne serait pas élégant de ne pas demander la petite sœur. Le temps que le verre se remplisse par une serveuse devenue un peu plus tendue depuis que les deux hommes se « parlaient », Caliban essaye d'aller au-delà de la vision pessimiste du brun à propos des enfers. « Ça craint ». En quoi ? Tout coule à flot, tout le monde vit selon ses principes sans risquer de déplaire à qui que ce soit. Une certaine liberté règne dans les rues foulées par des âmes qui refusent de se plier aux règles du Barbu d'en-haut. « Et... Qu'est-ce que c'est ? Hormis bien entendu la terre des âmes pécheresses. » Intrigué, j'vous dis qu'il est le Chef des Paresseux.
Le ton baisse au même titre que la silhouette d'Abel, à tel point que Caliban réunit toute sa concentration, ostracise encore plus son environnement, pour entendre les paroles de son interlocuteur... Auxquelles il arque un sourcil, sa curiosité encore plus piquée à vif. Partir ? D'ici ? Quelle blague ! Avait-il seulement écouté les bonnes paroles de Minos à son arrivée ? Les rives du Styx franchies, il était tout bonnement impossible de « remonter ». Sauf après une petite visite chez Jack... Et encore, son retour sur terre serait rapide et temporaire. Loin de correspondre à son envie étrange. Diantre, s'ils étaient dans son quartier, il aurait pu le faire sombrer doucement dans la torpeur et voir sa venue ici-bas, sa mort. « Comment comptes-tu partir ? Le vieux est peut-être aveugle, mais il a l’ouïe fine et une poigne de titan. »
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